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Archive pour la catégorie ‘Cinéma’

Dominique Besnehard, Françoise Fabian, Bernard Farcy… au festival de cinéma à Brides, c’est du 29 sept au 2 oct

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« Ce Festival Francophone de cinéma à Brides-Les-Bains, c’est le mariage de deux mondes, celui du Cinéma et celui de la Cure, le raffinement d’une station thermale populaire, chaleureuse, dévolue au bien-être et à l’épanouissement de ses habitants et curistes » – Dominique Besnehard, producteur, délégué général du Festival d’Angoulême.

Le ton est donné ! Du 29 septembre au 2 octobre, Dominique Besnehard sera à Brides-les-Bains (Savoie), accompagné de Françoise Fabian, Bernard Farcy, Marc Fitoussi, Olivier Sitruk, Lina El Arabi, David Marsais, Mathieu Métral, Jeanne Jestin et Jean-Baptiste Lucien, à l’occasion du Festival du Film Francophone d’Angoulême via Brides-les-Bains.

La station thermale savoyarde accueillera une nouvelle fois dans une ambiance populaire les équipes de 9 films dont 8 avant-premières françaises et 1 documentaire. Quatre d’entre eux ont été primés à Angoulême fin août.

A 5 euros la séance, on peut s’offrir une belle cure… de cinéma !

Voici les programme des différentes projections lors du Festival du  29 septembre au 2 octobre 2016:

« MERCENAIRE »
de Sacha Wolff. Ce film a reçu le Valois de la mise en scène. Avec Toki Pilioko, Iliana Zabeth, Mikaele Tuugahala, Laurent Pakihivatau, Petelo Sealeu (sortie en salles le 5 octobre 2016).

« MA VIE DE COURGETTE » film d’animation de Claude Barras. Ce film a reçu le Valois de diamant. C’est la première fois qu’un film d’animation est récompensé à Angoulême. Avec les voix de : Courgette : Gaspard Schlatter ; Camille : Sixtine Murat ; Simon : Paulin Jaccoud ; Raymond : Michel Vuillermoz (sortie en salles le 19 octobre 2016)

« NOCES » de Stephan Streker. Lina El Arabi a reçu le Valois de la meilleure actrice pour son interprétation dans Noces. Avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi, Neena Kulkarni, Olivier Gourmet, Alice de Lencquesaing, Zacharie Chasseriaud, Aurora Marion, Rania Mellouli, Harmandeep Palminder, Bilel Ghommidh et Sandor Funtek (sortie en salles en février 2017)

« LES MAUVAISES HERBES » de Louis Bellanger. Avec Alexis Martin, Gilles Renaud, Luc Picard, Emmanuelle Lussier-Martinez, Myriam Côté, Bénédicte Décary.

« CIGARETTES ET CHOCOLAT CHAUD »
de Sophie Reine. Avec Gustave Kervern, Camille Cottin, Héloïse Dugas, Fanie Zanini, Thomas Guy et la participation amicale de Franck Gastambide (sortie en salles le 14 décembre 2016).

« VENISE SOUS LA NEIGE » de Elliott Covrigaru. Avec Olivier Sitruk, Juliette Arnaud, Arthur Jugnot, Elodie Fontan.

« LE CIEL ATTENDRA»
de Marie-Castille Mention-Schaar. Avec Sandrine Bonnaire, Noémie Merlant, Clotilde Courau, Zinedine Soualem, Yvan Attal (sortie en salles le 30 septembre 2016).

« TAMARA » d’Alexandre Castagnetti. Avec Rayane Bensetti, Héloïse Martin, Sylvie Testud, Cyril Gueï, Jimmy Labeeu, Lou Gala, Blanche Gardin, Bruno Salomone (sortie en salles le 26 octobre 2016).

« IL A DÉJÀ TES YEUX » de Lucien Jean-Baptiste. Avec  Lucien Jean-Baptiste, Aïssa Maïga, Vincent Elbaz, Zabou Breitman, Guillaume Faure, Marie-Sohna Condé, Naidra Ayadi, Sara Mortensen (sortie en salles le 18 janvier 2017).

« MAMAN A TORT » de Marc Fitoussi. Avec Avec Jeanne Jestin, Emilie Dequenne, Nelly Antignac, Camille Chamoux, Annie Grégorio, Sabrina Ouazani, Jean-François Cayrey, Grégoire Ludig (sortie en salles le 9 novembre 2016).

« LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LEON » de Jonathan Barré. Avec Grégoire Ludig, David Marsais, Bernard Farcy, Julien Pestel, Alice Vial, Nicolas Marié, Christopher Lambert (sortie en salles le 1er novembre 2016).

« LA FABIAN » documentaire de Dominique Besnehard. 55 min – 2016

 

A la rencontre de l’actrice Alix Bénézech

 

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Alix Bénézech Crédit photo: Ludovic Diacurachi

Alix Bénézech fait partie de cette nouvelle génération d’actrices qui mêlent talent, charisme et charme. D’ailleurs, les producteurs ne s’y trompent pas, la jeune comédienne devient peu à peu, à la télévision comme au cinéma, incontournable.
On peut la voir dans des films à succès comme « Camping 3 », ou dans des séries télévisées populaires telles que « Nina », dont la troisième saison sera diffusée sur France 2 à partir du 28 septembre et où Alix campe le rôle de Dorothée. Ainsi que dans le film événement du Watib, « La Pièce » de Lamine Diakite en salles le 12 octobre, où elle est Katia. Elle a aussi été choisie pour être le nouveau visage de La Rentrée du Cinéma.

Alors, lorsque son attachée de presse a proposé à Stars-­media de la rencontrer, nous ne pouvions évidemment pas refuser.

Bonjour Alix Bénézech. Tu as passé ton enfance entre l’Allemagne et le sud de la France, mais quelles sont tes véritables origines ?

Bonjour Laurent. Je suis alsacienne par ma mère et languedocienne par mon père. Mon grand­-père paternel, que je n’ai pas connu, est né et a vécu à Alger et ma grand­-mère paternelle était belge et suisse.
Enfant, j’ai grandi en Allemagne, à Fribourg-­en­-brisgau, la capitale écologique du monde, et j’ai passé toutes mes vacances vers Cannes, sur la Côte d’Azur et dans les pays méditerranéens à découvrir tous les sites archéologiques. J’ai des origines et une éducation cosmopolites.

Ta carrière d’actrice est déjà impressionnante. Un film populaire à succès comme « Camping 3 » est­-il un aboutissement, te permettant de toucher le grand public ?

Absolument Laurent ! J’avais déjà joué dans un film grand public, « Bis », de Dominique Farrugia. Franck Dubosc était d’ailleurs au casting avec Kad Merad. J’aime le cinéma populaire, les comédies françaises cultes avec Louis de Funès, comme les comédies américaines de Judd Apatow ou encore les nouvelles comédies françaises, je pense par exemple au film « Le Nouveau » de Rudi Rosenberg.

J’ai été très heureuse de participer au troisième épisode de « Camping ». C’est un film moderne, qui dit beaucoup de choses sur le monde actuel, sur l’écart des générations, c’est un film nostalgique très touchant aussi. Il a reçu un très bel accueil et j’en suis fière.

Comment s’est passée ta collaboration avec Franck Dubosc ?

C’était juste merveilleux.
Franck est une personne très humaine, il transmet beaucoup à la jeune génération, nous avions une excellente connexion lui et moi sur le plateau. À chaque prise, on s’amusait de plus en plus. Ce fut la même chose avec Fabien Onteniente, j’ai adoré travailler avec cette équipe.

Contrairement à certaines actrices de ta génération, tu peux tout jouer, prendre des risques, ne pas te cantonner à des comédies romantiques.

Je suis ravie que tu me dises cela. Il est vrai que j’ai une culture internationale. J’ai toujours pensé en terme d’histoire, de personnage, j’ai toujours eu l’instinct de raconter une histoire parce que c’est ce que je j’aime quand je vais au Cinéma. J’allais souvent voir des films américains et c’est toujours ma grande passion. Récemment j’ai été transporté par le film « Comencheria », c’est du grand Cinéma et une vraie leçon d’acting.

C’est mon père qui m’a transmis sa passion des films d’auteur français et des grands classiques. J’aime me mettre dans la peau d’un personnage et oublier pour un moment l’actrice qui est en moi pour être ce personnage, cette nouvelle personne. Bien sûr que je lui donne ce que je suis, ma personnalité, mon inconscient, on peut même dire mon âme d’actrice sinon ce ne serait pas intéressant. Mais l’idée de transformation m’amuse beaucoup.

En travaillant avec Matthieu Maury et Warren Dupuy sur le film « En attendant Violette », c’était une tout autre approche. Ce qui les intéressait, c’était nous, nos personnalités d’acteur, notre personne. On travaillait en improvisant avec les indications qu’ils donnaient à chacun en secret et ils se produisait ensuite des choses très intéressantes sur le plateau. C’est la première fois que j’ai senti en voyant le film que je ne maîtrisais plus rien, même si je le croyais pendant le tournage. Je me suis abandonnée dans ce film et il y a quelque chose de très intime que je ne pensais pas avoir donné. C’est une vraie belle surprise.

Tu as décroché ton premier rôle au cinéma avec « La vie nous appartient ». Peux­-tu nous en dire un mot ?

« La vie nous appartient » est un drame inspiré d’une histoire vraie. C’est l’histoire de deux ados qui se contactent sur Internet et veulent, ensemble, se suicider. Le réalisateur Alex Lee a travaillé à partir de ce drame et de lettres d’adolescents qui se sont suicidés ou on fait des tentatives de suicide. En se rencontrant, ils découvrent chacun leur vraie personnalité. Ils décident alors d’aller au bout du chemin de la vie, ce chemin dans la forêt va les pousser à devenir adulte. J’y incarne Sarah, une fille assez sauvage, presque misanthrope, avec un fort caractère, qui ne se laisse pas approcher facilement. Et qui peu à peu va faire tomber le
masque.

Tes passages dans des séries télévisées sont nombreux, je pense notamment à « Nina », avec Annelise Hesme. Bientôt un premier rôle ?

J’ai joué quelques guests dans différentes séries et téléfilms avant d’incarner Dorothée pour « Nina », sur France 2, mon premier rôle
récurrent. J’ai en effet des propositions pour d’autres programmes, notamment pour des séries internationales. J’ai aussi d’autres projets Cinéma, mais il est un peu tôt pour en parler.

Si tu devais faire un premier bilan de ta carrière, quel fut ton rôle le plus fort, celui dont tu es le plus fière ?

Je suis un peu jeune pour faire un bilan. Mais je dirais que mon rôle le plus fort est sans doute à ce jour celui de Sarah dans « La vie nous appartient ».
Il y avait quelque chose de très puissant à jouer, c’est aussi un film avec un message que nous avons porté à l’étranger, dans bon nombre de festivals où le film a été primé. Il a eu un écho très important auprès du jeune public.
Certains nous ont même remerciés en nous écrivant des messages ou des lettres, c’était très touchant de voir à quel point ce film les avait aidé dans leurs questionnements d’adolescent, ce fut une très belle récompense pour toute l’équipe du film.

Télévision, cinéma, théâtre, vers où penche ton cœur ?

Je ne réfléchis pas en termes de médias, je m’intéresse à l’histoire et aux personnages.
Mais je dirais vers le cinéma, même si j’ai commencé ma carrière d’actrice au théâtre, et que j’aimerais beaucoup y retourner. En ce moment, mon actualité est très cinématographique, notamment avec le film « La Pièce », premier long métrage distribué en France par Sony Pictures, et « En attendant Violette ».

Un réalisateur et un comédien avec qui tu aimerais tourner ?

Pour les réalisateurs, Bertrand Bonello, François Ozon. Pour les acteurs, sans hésiter, Niels Arestrup, Gérard Depardieu et Isabelle Huppert.

Ton mot de la fin ?

J’aimerais citer à tes lecteurs cette phrase d’un artiste, que j’ai découverte il n’y a pas longtemps en me promenant dans Paris : « Parce que l’on est tous la même personne, parce que l’on a le même corps, essayons de regarder les autres, comme on se regarde soi­-même. Lancez l’appel à la paix ! »

Propos recueillis par Laurent Amar

Interview de l’actrice américaine Marisa Saks

Marisa Saks

Marisa Saks

En plein Festival de Cannes, nous avons pu rencontrer une ravissante actrice américaine, Marisa Saks.
Lors de la quasi-totalité de ses évènements, elle était habillée par un surdoué de la mode à la française, Denis Durand, le créateur cannois.

C’est justement dans le show-room de Denis que Marisa a bien voulu répondre à nos questions, afin que le public français, à l’occasion de la sortie de son film « Scary Movie 5 », puisse la connaître mieux.

Bonjour chère Marisa Saks, pourrais-tu te présenter au public français ?

Bonjour Laurent, je suis une vraie fille du Middle West, puisque je suis née et j’ai grandi dans la banlieue est de Cleveland, en Ohio.
Je suis diplômée de l’Ohio State avec un baccalauréat en journalisme et art dramatique. Ma passion pour les arts créatifs a commencé tôt : tout bébé, mes photos faisaient la couverture de publications internationales et j’apparaissais à la télévision dans des publicités commerciales.

Mon talent pour les arts de la scène me poussa vers le théâtre. Jusqu’à ce que de grands studios viennent frapper à ma porte. Depuis mon arrivée à Los Angeles, j’ai été amenée à participer à des émissions de télévision sur le câble. Par ailleurs, je suis une amoureuse des animaux de compagnie. J’aime aussi préparer de bons petits plats tout en écoutant mes groupes de rock préférés, The Doors, Jimi Hendrix et Jethro Tull.

Que penses-tu du Festival de Cannes ? Est-ce important pour toi d’y participer ?

Marisa Saks sur la Croisette, en robe Denis Durand

Marisa Saks sur la Croisette, en robe Denis Durand

C’est un rêve d’être à Cannes et en France en général. Tout y est si beau, la mer, les gens, la cuisine, la mode. Participer au festival du film est très important, car cela me permet de rencontrer des personnes dans ce milieu. J’en apprends ainsi davantage sur l’ensemble de leurs projets et je crée alors de nouvelles relations professionnelles.

Parle-nous de ton rôle important dans le film à succès « Scary Movie 5 ».

Le tournage a été incroyable. Je joue le rôle d’Amy, une ballerine. Mon personnage est effronté et déjanté, tout comme moi (rires). Ce fut étonnant pour moi d’aller à l’école de danse classique d’Atlanta pour apprendre les chorégraphies demandées par ce rôle. J’ai pu également travailler avec Molly Shannon et Charlie Sheen, tous les deux merveilleux comédiens. L’équipe du film était importante, nous avons tous eu une immense joie à être ensemble.

Tu es actrice mais également productrice. Sur quels projets travailles-tu ?

Je suis P.-D.G. d’une société dédiée aux nouvelles technologies. Avec mes partenaires, nous sommes basés dans la Silicon Valley. Nous développons une nouvelle application de rencontres pour tous les âges, appelée « Caviar ».

Parallèlement, nous produisons une émission de télévision qui fonctionne en temps réel avec l’application, la « Social TV ». Notre logiciel est très différent de ce que l’on trouve actuellement sur le marché des applications de rencontres. Enfin, je précise que je suis créatrice, auteure, productrice et animatrice vedette dans mon show télévisé, « Caviar ».

Que pourrais-tu nous dire sur ce designer français, Denis Durand, dont tu as porté les créations à Cannes ?

Marisa Saks et Laurent Amar

Marisa Saks et Laurent Amar

Je suis littéralement fan de lui et de toute son équipe, je les adore ! Le maquillage, les bijoux Orus, la coiffure, tout était parfait.
Ses robes sont d’un goût exquis. J’aimerais tellement pouvoir porter l’une d’elles à chacun de mes événements. Elles sont les plus belles ! Denis a travaillé si dur pour s’assurer que ma robe serait prête à temps. Il a adapté, avec une grande efficacité, ses créations à mon corps de pom-pom girl (rires). Je serais ravie d’avoir l’ensemble de son équipe sur l’une de mes productions.

Ton mot de la fin à mes lecteurs ?

Je suis en train d’apprendre le français. Je souhaite me rendre en France aussi souvent que possible, j’adore votre style de vie ! J’espère être de retour très bientôt, car votre pays me manque déjà ! De plus, j’aimerais tisser un réseau ici avec des professionnels du cinéma et de la télévision. En conclusion, j’aime la France et sa culture !

Propos recueillis par Laurent Amar

Cannes 2016 : à la rencontre de l’actrice chinoise Wang Zhi

La montée des marches de Wang Zhi en compagnie de l'équipe du film

La montée des marches de Wang Zhi en compagnie de l’équipe du film

Depuis plusieurs années, le cinéma chinois est très présent au Festival de Cannes. Non seulement avec une production de qualité, largement équivalente à celle du cinéma occidental, mais aussi avec des comédiens beaux et talentueux.

Cette année, nous avons pu rencontrer l’équipe du film « Crime Fiction » de Tingbo Guo, notamment la sublime actrice Wang Zhi, artiste complète, car en plus de son talent de comédienne, elle maîtrise parfaitement les arts martiaux, une nécessité pour ce film d’action asiatique survolté, en cours de pré-production.
Notons également la présence, aux côtés de Wang Zhi , du comédien Liu Xiangjing .

La jolie comédienne chinoise a bien voulu nous accorder quelques minutes, entre deux séances photos.

Bonjour Wang Zhi, vous êtes très connue en Chine, mais pas encore en France, pourriez-vous vous présenter à mes lecteurs ?

Wang Zhi 2

Wang Zhi

Bonjour Laurent. Dans mon pays, je suis connue pour mes films d’action.
Je suis ici pour dévoiler un nouveau projet, très ambitieux pour le cinéma et la télévision chinoise, « Crime Fiction ». Ce fut un immense honneur de monter les marches, à Cannes.

Nous sommes un peu les ambassadeurs du savoir-faire chinois en matière de films d’action. Par ailleurs, je pratique les arts martiaux, c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai la chance de participer à ce nouveau long métrage.

Est-ce important pour vous, pour votre carrière de comédienne d’être présente au Festival de Cannes ?

Absolument, Laurent. Le Festival est une formidable occasion de présenter dans le monde, et notamment la Chine, où il est très suivi, un projet de film et ainsi de montrer de nouveaux talents chinois.
C’est aussi l’opportunité de rencontrer des professionnels du cinéma venant du monde entier, afin qu’ils puissent me découvrir. À Cannes, j’ai l’impression d’être une actrice internationale, pas seulement chinoise, c’est très important pour moi.

Propos recueillis par Laurent Amar

Interview du comédien et ex-animateur de TF1, Michel La Rosa

Michel La Rosa

Michel La Rosa

Michel La Rosa revient sur le devant de la scène en tant que comédien, notamment dans le nouveau film du dernier monstre sacré du cinéma français, Jean-Pierre Mocky.
Dans « Le Cabanon rose », vous aurez le plaisir de le voir aux côtés de Grâce de Capitani et de Jean-Marie Bigard. Mais il joue également dans une série télé très ambitieuse et drôle, « Chevalier Academy », réalisée par Guillaume Sanjorge. Pour Stars-media, Michel a accepté d’évoquer ses années TF1, et de nous parler de ses projets d’acteur.

Bonjour Michel La Rosa, pourquoi avoir quitté TF1 et ton émission de téléachat ?

Bonjour Laurent, après avoir animé des émissions de variétés sur France 3 et des talk-shows sur France 2, j’ai eu un petit passage à vide, comme cela peut arriver malheureusement dans ce métier.
TF1 m’a alors proposé, en 1998, une émission de téléachat, avec des célébrités. C’était en effet le début de la « peopolisation » des artistes.
Recevoir des acteurs ou des chanteurs, dans le cadre d’un téléachat, c’était original.
Pendant des années, je me suis donc amusé à accueillir toutes sortes d’invités dans cette émission.
Mais, en 2011, une nouvelle direction est arrivée à TF1 (Nonce Paolini, ndlr) et a changé mon concept en supprimant les invités stars. Du coup, mon émission est redevenue un téléachat pur et dur et cela ne m’intéressait plus du tout. J’avais alors 58 ans et j’avais envie de revenir à mon premier amour, le métier de comédien.
J’ai donc quitté le groupe TF1 sereinement, de façon à pouvoir enfin me consacrer à mon premier métier, la comédie, ma passion.

Tu fais partie des « Bons Vivants », pourrais-tu rappeler à mes lecteurs ce qu’est le concept de l’hôtel d’Angleterre à Vittel ?

C’est à l’initiative de Patrick Jorge, que j’ai connu il y a une quinzaine d’années. Il participe à  de nombreux festivals de télévision ou de cinéma à travers la France. Il est devenu, au fil du temps, un ami. Comme c’est un humaniste, il a eu une idée un peu folle lors d’un festival à Vittel.
Il y a deux ans, dans cette ville, le directeur d’un hôtel lui a expliqué que les affaires étaient dures.
Immédiatement, Patrick a pensé : « Nous sommes toute une troupe d’acteurs, pourquoi on n’achèterait pas ? », d’où ce nom d’ « l’hôtel des Bons-Vivants », en hommage à Georges Lautner, car son tout premier film s’appelait « Les Bons Vivants ».
Patrick a donc proposé à tous ses amis comédiens, dont je fais partie, de participer à l’achat de cet hôtel, moyennant un investissement dans des actions, et de participer ainsi à cette belle aventure.

Michel La Rosa alias, Le roi Gandolfi.

Michel La Rosa alias, Le roi Gandolfi.

Guillaume Sanjorge

Guillaume Sanjorge

Tu reviens en tant qu’acteur dans une série télévisée, « Chevalier Academy ». Peux-tu nous en dire un mot ?

Il y a deux ans, j’ai rencontré ce jeune réalisateur, Guillaume Sanjorge, que j’ai trouvé très performant intellectuellement et artistiquement, avec plein d’idées, de punch et d’envies. Il y a des gens comme cela, même très jeunes, qui ont une passion et j’ai été séduit. Il m’a proposé ce scénario qui, à l’origine, s’intitulait « Draculi et Gandolfi ».

Nous avons commencé à tourner et, au fil du temps, il a peaufiné son concept, appelé désormais « Chevalier Academy ». Cela raconte l’histoire de personnes du Moyen Âge dans la téléréalité d’aujourd’hui. Il m’a offert ce rôle de roi un peu loufoque. Cela me changeait des rôles de mafieux que l’on me proposait habituellement (rires). Je me suis régalé à le faire.

Tu connais bien Jean-Pierre Castaldi, qui joue avec toi dans « Chevalier Academy » ?

Absolument Laurent, nous nous connaissons depuis une vingtaine d’années. C’est un très bon ami. Il a une grande notoriété grâce à un nombre important de films et de pièces de théâtre. Son personnage dans la série est très drôle. Jean-Pierre est venu d’ailleurs à l’hôtel des Bons-Vivants, à Vittel, passer quelques jours. Je l’aime beaucoup.

Tes projets, Michel ?

Michel La Rosa et Jean-Pierre Mocky durant le tournage de "Le Cabanon Rose"

Michel La Rosa et Jean-Pierre Mocky durant le tournage de « Le Cabanon Rose »

Cet été, j’ai tourné avec Jean-Pierre Mocky dans son dernier film, « Le Cabanon Rose », avec, entre autres, Grâce de Capitani, que tu connais bien, Laurent. Et toute une bande de copains, comme Henri Guybet, chauffeur de Louis de Funès dans « Rabbi Jacob », Bernard Menez, et surtout Jean-Marie Bigard que j’ai pu rencontrer à cette occasion. J’écris également une pièce de théâtre.

Ton mot de la fin ?

Vivez pleinement chaque journée de votre vie, car elle peut être la dernière !
Mais surtout, aimez-vous les uns les autres, car sur cette terre, c’est au final la seule chose intéressante !

Propos recueillis par Laurent Amar

« Dans sa tête » réalisé par Johan Libéreau, avec Joy Koch

Joy Koch

Le 8 février dernier, Joy Koch a présenté un superbe court-métrage dont elle est l’héroïne.
« Dans sa tête » raconte l’histoire d’une jeune femme trahie par son petit ami. Ce qui la conduira à développer une psychose et à tomber dans une dépression à laquelle s’ajoutera une misère affective et sexuelle.
Pour Joy Koch, il s’agit d’un premier film, assez sombre, en noir et blanc, avec des scènes de nu toujours difficiles à tourner pour une jeune comédienne.

Fort heureusement, Joy est productrice associée, elle a donc maîtrisé la réalisation de ce film très ambitieux, aux côtés de son complice, le metteur en scène Johan Libéreau également fondateur de la société La famille production.
De nombreux médias et personnalités avaient fait le déplacement pour venir découvrir cette première prestation de Joy en tant qu’actrice, ils n’ont pas été déçus et nous non plus.Il ne nous reste plus qu’à souhaiter bonne chance à Joy et à Johan pour la carrière de « Dans sa tête », qui connaîtra, nous l’espérons, un grand succès dans les festivals ou à la télévision.

Laurent Amar

L’actrice marocaine Loubna Abidar en lice pour les Césars 2016.

Film francophone d'Angouleme * Brides Les bains *

Loubna Abidar et Dominique Besnehard, au Festival du Film francophone d’Angoulême/Brides Les bains.

C’est lors d’une conférence de presse à Paris qu’a été annoncée la nomination, dans la catégorie « Meilleure actrice » des Césars 2016, de la comédienne marocaine Loubna Abidar.

Elle sera en compétition avec Emmanuelle Bercot dans « Mon Roi », Cécile de France dans « La Belle Saison », Catherine Deneuve dans « La Tête haute », Catherine Frot dans « Marguerite », Isabelle Huppert dans « Valley of love » et Soria Zeroual dans « Fatima »

Loubna, qui jouait le rôle de prostituée dans le film Much Loved, a déjà eu les honneurs de plusieurs festivals, dont celui de Namur avec le prix de la meilleure comédienne et le festival d’Angoulême où elle a été consacrée meilleure actrice fin août dernier.

Nous croisons les doigts tout en espérant pour Loubna cette ultime consécration d’une carrière jeune mais déjà exceptionnelle.

Laurent Amar

Le procès de Rodilhan, en mémoire de toutes les victimes de la tauromachie

Faeryland, un film de Magà Ettori

Faeryland, un film de Magà Ettori

 

Il fait encore chaud en ce début d’automne 2011, nous sommes à Rodilhan, petite ville de Provence, aux abords de Nîmes.
Il s’avance doucement vers l’enceinte intérieure de l’arène, il râle, il est nerveux, agressif. C’est normal, il va bientôt mourir.

De toute sa puissance et de toute sa splendeur, il tentera de leur résister. Mais, malgré sa supériorité physique, il sera terrassé, les bourreaux sont trop nombreux, il n’a aucune chance, il est seul face à eux.

La grille qui le sépare de son tombeau s’ouvre lentement, il doit y aller, il n’a plus le choix. Le sable chaud de l’arène lui brûle les sabots, il mène le combat dès le début. La meilleure défense, c’est l’attaque ! Alors il braque ses adversaires, court vers ces drôles de matadors, « [habillés comme] des poupées », pour citer Francis Cabrel dans son chef -d’œuvre, « La Corrida ».

Mais les premiers coups de poignard enfoncés insidieusement dans son corps le font hurler, de douleur, de peur, de solitude aussi. N’y aura-t-il personne pour venir à son aide ? Il court, il se bat, il charge, mais le scénario est toujours le même, des coups violents transpercent ce colosse aux pieds d’argile. Il se déplace moins vite, ses forces l’abandonnent peu à peu, il a mal. Il regarde autour de lui, il se sait entouré d’ennemis mortels. Pas seulement les porteurs de couteaux, armes aiguisées pour le tuer, mais aussi ceux qui sont venus assister à sa mise à mort.

Cependant, s’enfonçant peu à peu dans les ténèbres des dernières secondes de sa vie, de petites lucioles apparaissent dans le noir. 95 militants anti-corrida entrent dans l’arène, il s’est trompé, il n’est pas seul. Le veau innocent, animal majestueux élevé dans le but ultime d’être torturé et assassiné, devant une foule acquise à la cause des tueurs, reçoit une aide inespérée, mais aussi désespérée car ils ne feront que retarder l’issue fatale.

Ces militants viennent de plusieurs associations pour la protection des animaux. La BAC Marseille, Minotaure films, la Fondation Brigitte Bardot, le CLAM, ou encore le CCE2A. Ils sautent par-dessus les rambardes, captent immédiatement l’attention des toreros, permettant au taureau de reprendre son souffle un instant.

Ils se placent au centre de la piste de ce cirque mortifère et s’enchaînent les uns aux autres, en guise de soutien à tous les animaux maltraités. Mais les aficionados ne l’entendent pas de cette oreille. Les organisateurs, les techniciens, les spectateurs et même le maire de Rodilhan, tous s’abattent avec une violence inouïe sur les militants.

Les coups pleuvent, ils ne peuvent pas se défendre.
Un militant témoigne : « On nous frappe la tête et le dos avec poings et pieds. On nous enfonce des doigts dans les yeux, on nous traîne au sol par les cheveux, on nous arrose au jet d’eau à bout portant. Les femmes subissent des attouchements sexuels humiliants. »

Ce témoignage est avéré. En effet, les différentes vidéos de l’évènement sont disponibles sur des sites comme You Tube.

Le bilan de ces attaques, aussi lâches que stupides, est édifiant : hospitalisations, fractures, violences sexuelles, et bien sûr traumatismes physiques et psychologiques.

Les 13 et 14 janvier prochains, s’ouvrira donc le procès de Rodilhan.
Les prévenus, ceux que l’on appelle les « aficionados », vont devoir comparaître et répondre de ces violences. Là où il aurait été beaucoup plus juste d’évacuer les manifestants dans le calme, ils ont préféré leur faire subir ce qu’il font habituellement subir à leurs pauvres victimes animales, des coups et des blessures.

Ce procès est historique et mettra également au grand jour une absurdité de la législation française. En effet, en France, la corrida constitue un délit depuis son importation illégale d’Espagne, il y a 160 ans. Elle est qualifiée par le code pénal de « sévices graves et actes de cruauté sur des animaux ». Interdite dans 90 départements, elle jouit pourtant d’un passe-droit injustifiable dans 12 départements du sud de la France, d’où l’importance de ce procès qui fera, nous l’espérons, jurisprudence.

Rendons hommage au cinéaste et président de l’Institut citoyen du cinéma, Magà Ettori.
Samedi dernier, eut lieu la conférence de presse dédiée en grande partie au dernier film de Magà, une fable écologique intitulée « Faeryland ».

Mêlant héroïque fantasy, documentaire animalier et images en caméra cachée d’animaux torturés, « Faeryland » compte dans son casting le chanteur humaniste Yves Duteil.

Ce long métrage très original réussit avec brio à nous démontrer la façon inhumaine dont sont traités les animaux, nos frères de Terre.

Durant cette conférence, nous eûmes les témoignages de différents intervenants, comme la journaliste marocaine Aziza Nait Sibaha, présidente de l’association « Comme Chiens et Chats », venue nous parler de la condition animale dans son pays, mais aussi ceux de deux des protagonistes de l’affaire Rodilhan, victimes directes des aficionados, Roger Lahana et Franck Andrieux.

Nous espérons tous une issue heureuse à ce procès. Que cessent enfin ces jeux du cirque inadmissibles !

Comment, en 2016, peut-on s’extasier devant la mise à mort d’animaux innocents, ne demandant qu’à vivre ?

En outre, nous souhaitons un grand succès au film de Magà, « Faeryland », et nous tirons notre chapeau à tous ceux qui œuvrent, bien souvent dans l’anonymat, à l’arrêt définitif de la maltraitance animale.

Laurent Amar

Interview de la comédienne Gabrielle Lazure à Sainte-Maxime

Gabrielle Lazure Crédit photo: Julia Alethea Etedi

Gabrielle Lazure
Crédit photo: Julia Alethea Etedi

La comédienne Gabrielle Lazure demeure dans le cœur de nombreux Français. Non seulement pour son talent, son délicieux accent, pour sa beauté, sa chevelure blonde, mais aussi parce qu’elle est la plus américaine des actrices françaises.

Gabrielle s’est confiée à nous lors d’un salon de la gastronomie, où elle a nous régalé de bons petits plats, concoctés par elle et par le célèbre chef Yvan.

Bonjour Gabrielle Lazure. Tu es née aux États-Unis, tu vis en France, mais tu es de nationalité québécoise. Vers où penche ton cœur ?

Bonjour Laurent. Mon cœur chavire vers ces trois destinations (rires). Je possède trois passeports. Je suis américaine de naissance, mais mon père, en tant que Québécois, faisait des études à Philadelphie où il a rencontré ma mère.

Je suis donc née aux États-Unis, mais j’ai grandi à Montréal. Un été, je suis venue en vacances en France, j’ai aimé et je suis restée.

Le théâtre, le cinéma et la télévision, tu as tout essayé, que préfères-tu ?

J’aime les trois évidemment, mais en fait, c’est le même métier. Quand un rôle m’intéresse, j’accepte de le faire et je m’investis à fond, que ce soit pour le cinéma, le théâtre ou la télé.
Si un univers ne me convient pas, si je ne sens pas le rôle, je dis non au réalisateur. En revanche, si je crois en un personnage, si je suis certaine de pouvoir transmettre quelque chose au public à travers lui, alors je n’hésite pas une seconde et je fonce.

Quel est ton meilleur souvenir en tant qu’actrice ?

Lorsque je tournais « Noyade interdite », réalisé par Pierre Granier-Deferre, d’abord parce que j’y ai fait la connaissance de Marie Trintignant et nous sommes devenues très amies. Ensuite, je trouve que c’est un très joli film. Après avoir vu « Une étrange affaire », que j’avais adoré (nous aussi d’ailleurs, ndlr), j’ai demandé à mon agent de contacter le réalisateur qui, « gentiment », a pensé à moi au moment de faire ce film.

Quel regard portes-tu sur ta carrière et regrettes-tu de n’avoir jamais eu de César ?

Non, je ne le regrette pas et de toute façon je ne pense pas avoir eu de rôles assez consistants pour prétendre à un César. Par contre, je vote pour les films à cette occasion et je m’efforce de tous les regarder. Récompenser un acteur, c’est également récompenser un film, je ne vois donc pas dans quel rôle ou dans quel film j’aurais pu avoir cette récompense. Mais on ne sait jamais, il y aura peut-être autre chose à l’avenir, nous verrons bien.
Quant à ma carrière, je ne suis jamais entièrement satisfaite. Cependant, comédienne est un métier que l’on peut faire jusqu’à sa mort, donc j’ai encore de beaux rôles devant moi. Je suis très optimiste.

Qu’es-tu venue faire de beau à Sainte-Maxime ?

La cuisine, avec le célèbre cuisinier des stars Yvan, qui m’a proposé de venir l’assister dans ce concours de cuisine avec des chefs et des personnalités.
J’adore faire la cuisine et c’est pour moi un grand honneur et un plaisir de pouvoir collaborer avec un chef célèbre comme Yvan.

Peux-tu nous parler de tes actualités artistiques ?

J’ai un rôle court mais très marquant dans un film d’action, « Enragé », le premier long-métrage d’Éric Hannezo, avec Lambert Wilson et Virginie Ledoyen. Il faut absolument allez le voir, il vient de sortir. Je prépare un spectacle, un seul-en-scène, que j’ai coécrit avec un jeune auteur qui a réalisé un court-métrage, « Marie-Madeleine », dans lequel j’ai joué. Le spectacle se nomme « Majorette », directement inspiré de ma vie. Il permettra au public de mieux me connaître.
Il sera bien sûr en français avec de courtes parties en américain et en québécois. Il se jouera au Studio Hébertot à partir de janvier.

Ton mot de la fin, chère Gabrielle ?

Aimez-vous ! Make love, not war !

Propos recueillis par Laurent Amar

Interview de Dominique Besnehard au Festival de Brides-les-Bains

Dominique Besnehard et son actrice fétiche Loubna Abidar à Brides les Bains. Crédit photo: ®Christophe-Stramba

Dominique Besnehard et son actrice fétiche Loubna Abidar à Brides les Bains.
Crédit photo: ®Christophe-Stramba

Dominique Besnehard est certainement l’un des personnages les plus emblématiques du cinéma français. Ce passionné, véritable touche-à-tout, constitue un levier essentiel pour la réussite d’un film ou d’un comédien. C’est à Brides-les-Bains, durant le Festival du film francophone, que nous avons pu faire la connaissance de cet homme sensible et toujours disponible.

Il nous parle du métier d’agent artistique, de « Much Loved », chef-d’œuvre présenté à Brides, et de son actrice principale Loubna Abidar. Il évoque également « Dix pour cent », l’excellente série mise en scène par Cédric Klapisch, dont il est le producteur.
Interview de Dominique Besnehard au Festival de Brides-les-Bains

Bonjour Dominique, vous qui êtes un découvreur de talents, quel est celui dont vous êtes le plus fier ?

Bonjour Laurent, il est compliqué de répondre à cette question. À mes yeux, une actrice absolument remarquable, mais qui n’a pas fait la carrière espérée, un peu à cause d’elle d’ailleurs, c’est Béatrice Dalle.
C’est une très grande comédienne, en plus d’être une vraie nature. Elle aura vécu les aléas de sa vie personnelle, elle est très romanesque.
Elle a été découverte sur une photo, Hollywood l’a appelée, elle n’y est pas allée. Elle a fait un film culte, 37°2 le matin, et elle a connu aussi les faits divers.
C’est une immense actrice, un vrai personnage comme Arletty, qui a également eu un destin particulier.
Il y a d’autres actrices que j’ai beaucoup aimées, Juliette Binoche, Emmanuelle Seigner ou encore Eva Green, que j’ai envoyée prendre des cours d’art dramatique, j’étais très lié avec sa mère (Marlène Jobert, ndlr).
Mais découvreur de talents, cela veut dire quoi ? Cela veut dire découvrir des gens qui vous touchent, dans un théâtre ou lors d’un casting. Après, c’est au metteur en scène de les choisir et aux comédiens de faire le reste.

Est-il vrai que vous êtes devenu un passionné de cinéma à l’âge de 7 ans ?

Mon père était figurant, il habitait Bois-Colombes. Un jour, on lui a demandé de faire de la figuration dans « L’affaire d’une nuit » avec Roger Hanin et Pascale Petit.
C’est le premier tournage auquel j’ai assisté et j’avais à peine 7 ans. Effectivement, cela m’a marqué, mais j’ai toujours aimé me déguiser quand j’étais gosse.

J’ai été fan de télévision très tôt. À l’époque, il n’y avait qu’une chaîne, et en noir et blanc. Mon grand-père avait la chance d’avoir une télévision, il était fan de Charles de Gaulle.
Du coup, j’allais passer mes week-ends à la campagne non pas pour les champs, mais pour regarder la télévision à côté de lui.
J’ai tout de suite été baigné dans le monde de l’image. Aujourd’hui, les gens naissent avec. Nous, nous n’avions que la radio et une seule chaîne de télé.
Mais c’est vraiment à la campagne, chez mon grand père et devant sa télé, que je suis tombé amoureux de l’audiovisuel.

Dominique Besnehard et Frédéric Bel à Brides-Les-Bains. Crédit photo:®Christophe-Stramba

Dominique Besnehard et Frédérique Bel à Brides-Les-Bains.
Crédit photo:®Christophe-Stramba

Pourriez-vous nous expliquer, Dominique, ce qu’il s’est réellement passé avec Ségolène Royal ?

Avec Ségolène, cela a été un engagement à fond sur la campagne de 2007, je reste de gauche même s’ils font des bêtises.
J’ai aimé cette femme, j’ai cru en elle, je lui ai apporté un soutien affectif, mais ce fut moins bien par la suite. Elle est passée à autre chose.

Cela remonte à huit ans et pourtant, on m’en parle encore. J’y ai cru, je me suis engagé, mais les politiques n’ont pas les mêmes sentiments que les artistes.
On peut se fâcher mais on ne tue pas. Les politiques peuvent vous tuer. Moi, elle a essayé de me tuer en m’écartant violemment.
J’ai créé le Festival d’Angoulême avec son soutien et d’un seul coup, elle s’est retirée du projet.
Mais ce n’est pas très grave. Il y a beaucoup plus important dans la  vie que Ségolène Royal.

Qu’êtes-vous venu faire de beau à Brides-les-Bains ?

J’adore Brides-les-Bains. Depuis 1991, je m’y ressource. Boire l’eau de cette ville et faire un bon régime quand on n’a pas une hygiène de vie parfaite, cela fait beaucoup de bien.
Et puis, il y a l’air pur. C’est une ville sereine, on se laisse porter par l’air, l’eau et les massages, j’aime beaucoup cet endroit.

Un film vous a beaucoup marqué durant ce festival, il s’agit de « Much Loved », avec la comédienne Loubna Abidar, pourriez-vous nous en dire un mot ?

J’adore ce film, je l’avais déjà vu à Cannes où il a été acclamé par une salle en délire. Je vais à Cannes pour rencontrer des gens et m’occuper de mes productions, mais aussi pour voir des films.
Je suis un fervent spectateur de Nabil Ayouch. Je me suis dit « je prends ce film pour Angoulême » et s’il gagne, je l’emmènerai ensuite à Brides-les-Bains. « Much Loved » est financé par la France, il avait donc toute sa place dans ce festival. Je suis un grand féministe, et ce film dénonce à quel point on traite mal les femmes au Maroc.
J’ai été porté par ce film et Loubna est extraordinaire. Pour moi, il était évident de soutenir ce film à Angoulême.
Et j’ai eu raison puisqu’il a obtenu le Valois d’Or et le Valois de la meilleure actrice.
Je suis très attaché à Loubna Abidar, très belle, très talentueuse et militante ; je la compare à Eva Peron que j’aime beaucoup.

Bominique Besnehard et son équipe à Brides-Les-Bains.

Bominique Besnehard et son équipe à Brides-Les-Bains.

Vous devez présenter durant ce festival une série qui s’appelle  » Dix pour cent », pourriez-vous nous en parler ?

Il s’agit d’une série que j’ai produite avec Carole Valentin. Mes vingt ans de carrière en tant qu’agent artistique, j’ai proposé à France 2 d’en faire une comédie, une série de six épisodes de 52 minutes. On y parle du métier d’agent, de l’entreprise, et elle est réalisée par le grand Cédric Klapisch. Elle traite des rapports entre l’art et le monde de l’argent.

Dans chaque épisode, figure un acteur célèbre qui joue son propre rôle. Il y a, par exemple, Joey Starr et Julie Gayet, un couple d’acteurs qui ne s’entend pas, Laura Smet et sa mère (Nathalie Baye, ndlr), Cécile de France, François Berléand ou encore Audrey Fleurot.

Dans le métier d’agent artistique, on fait ou on détruit des carrières, c’est aussi manichéen que cela ?

Non, je ne dirais pas cela. On peut aider à monter une carrière, on peut prendre en main le destin d’un acteur, le conseiller sur le contrat et les choix artistiques, mais c’est quand même lui qui décide. S’il n’a pas envie de faire un film, vous pourrez lui expliquer qu’il doit impérativement le faire, il aura toujours le dernier mot.
Nous sommes simplement là pour le conseiller.
Je dis toujours une chose : quand cela marche très fort, c’est parce qu’ils ont choisi le rôle, quand cela ne marche pas, c’est de la faute à l’agent.

Votre mot de la fin, Dominique ?

Je souhaite que l’on fasse une troisième édition à Brides-les-Bains et je suis très heureux de voir les spectateurs répondre présents, encore plus nombreux que l’année dernière.

Propos recueillis par Laurent Amar

Rencontre avec Louise Bourgoin à Brides-les-Bains

Louise Bourgoin dans "Je suis un soldat" Crédit photo: (c)Christophe Brachet-Mon Voisin Productions

Louise Bourgoin dans « Je suis un soldat »
Crédit photo: (c)Christophe Brachet-Mon Voisin Productions

Cela faisait longtemps que nous voulions interviewer la ravissante Louise Bourgoin.
Ex-Miss Météo de Canal, Louise a parfaitement su amorcer un virage à 180 degrés en devenant une comédienne de renom, mais surtout de talent.

C’est lors du Festival du film francophone à Brides-les-Bains que nous avons fait connaissance avec Louise, et nous avons pu l’interroger sur son expérience de Miss et sur sa carrière d’actrice, avec notamment son rôle dans « Je suis un soldat » réalisé par Laurent Larivière et présenté à Brides. Un film beau, implacable et viscéral. Interview:

Bonjour Louise, vous attendiez-vous à devenir une comédienne aussi sollicitée, après avoir été la Miss Météo star du « Grand Journal  » ?

Bonjour Laurent, merci beaucoup, c’est très flatteur. Très sollicitée, je ne dirais pas cela, mais j’ai la chance de me voir proposer des rôles différents au fil des années. Cela me permet ainsi d’élargir mon registre de comédienne, ce qui n’est pas pour me déplaire (rires).

Que pensez-vous des Miss qui, après votre départ, se sont succédé au « Grand Journal  » ?

Je les ai toutes trouvées formidables. J’ai beaucoup d’empathie envers les Miss Météo, car c’est un travail très difficile, plus dur que celui de comédienne.
Il faut savoir garder son sang-froid, on est chaque soir en direct devant des millions de personnes. J’écrivais mes textes au quotidien. Certaines Miss Météo avaient des auteurs, mais celles qui, comme moi, n’en avaient pas, je pense à Doria Tillier ou Charlotte Le Bon, je les admirais, car cela n’était pas évident du tout.

Louise Bourgoin et Laurent Larivière à Brides Les bains

Louise Bourgoin et Laurent Larivière à Brides Les bains

Il faut également savoir se renouveler, surtout lorsqu’on reçoit plusieurs fois les mêmes invités, comme les hommes politiques. Ce n’était pas toujours simple d’avoir des choses à dire sur eux.

Face à Jean-Marie Le Pen, vous n’aviez pas voulu faire la météo, pourquoi ?

Je n’avais pas d’idée, tout simplement. J’étais venue sur le plateau en disant que je n’étais pas là, que je ne me sentais pas bien (rires).

Vous connaissiez la station thermale Brides-les-Bains ?

Non, je ne connaissais pas du tout mais je n’ai jamais fait de ski. Je viens de Bretagne, mes étés, je les passais plutôt à la mer ou à l’étranger, pas vraiment à la montagne. Je suis plutôt du genre planche à voile (rires), mais j’aimerais beaucoup apprendre à skier, pourquoi pas à Brides.

Vous êtes plutôt habituée aux comédies, comment avez-vous appréhendé un rôle aussi poignant que celui de Sandrine dans votre nouveau film, « Je suis un soldat » ?

Dans le film d’Axelle Roppert, « Tirez la langue, mademoiselle », je jouais le rôle d’une maman qui a une enfant diabétique et dans « Un beau dimanche », de Nicole Garcia, celui d’une fille à la dérive qui se fait frapper. J’interprète donc des personnages dramatiques depuis quatre ans environ.
Le rôle dans « Je suis un soldat » est le premier écrit entièrement pour moi.
Je me suis sentie particulièrement touchée et valorisée en tant qu’actrice. Et cela m’a donné envie de m’engager encore plus dans le personnage.

Vous n’avez jamais eu de problèmes avec la nudité à l’écran ? Je pense notamment à la scène déshabillée dans « Je suis un soldat ».

Je suis un soldat

Je suis un soldat

Non, pour moi, l’impudeur, ce n’est certainement pas la nudité. C’est plutôt de montrer mon travail artistique, mes dessins, mes poèmes. Mais me mettre nue, ce n’est absolument pas, à mes yeux, un manque de pudeur.

Vous aimeriez faire un blockbuster hollywoodien ?

Pas spécialement, mais pour ma carrière, cela me rendrait plus « bankable » en France et me permettrait un panel de rôles plus grand, plus intéressant.
Je recevrais beaucoup plus de scripts si j’avais une visibilité à l’internationale.
Mais je ne me fais pas d’illusions, les Françaises dans les gros films américains ont toujours des petits rôles, car les Américains ont suffisamment d’actrices talentueuses.

Mais effectivement, les retombées en France que peut avoir un tel rôle ne sont pas négligeables.
J’ai un agent aux États-Unis, je ne désespère pas, cela finira bien par arriver (rires).

Avec quel réalisateur en France aimeriez-vous tourner ?

Arnaud Desplechin.

Votre mot de la fin, chère Louise, pour mes lecteurs ?

Allez tous voir « Je suis un soldat », qui sortira en salle le 18 novembre !

Propos recueillis par Laurent Amar

Cannes 2015 : interview du comédien Fabrice Deville sur la terrasse « Horyou »

Fabrice Deville/crédit photo: Valentina de Gaspari

Fabrice Deville/crédit photo: Valentina de Gaspari

Le Festival de Cannes est l’occasion rêvée d’aller à la rencontre d’artistes talentueux, mais qui ne se trouvent pas forcément sous le feu des projecteurs comme ils le mériteraient.

C’est le cas de Fabrice Deville, au talent digne des plus grands. Afin qu’il évoque sa carrière et son nouveau long métrage, « Secret d’hiver », nous l’avons interviewé sur la terrasse de la fondation Horyou, sous le soleil cannois.

Bonjour Fabrice Deville, quels sont à tes yeux les moments forts de ta carrière d’acteur ?

Bonjour Laurent, il y a eu de belles rencontres, surtout au cinéma. Je pense à Claude Zidi qui m’a donné un très beau rôle dans le film « La Boîte ».
Ainsi que, bien sûr, Jean-Claude Brisseau, avec qui j’ai fait « Choses Secrètes ». Cette expérience m’a permis de découvrir un cinéma « d’auteur » et réalisé à l’ancienne.
Je viens d’ailleurs de tourner un autre film avec Jean-Claude, très innovant,  » Des jeunes femmes disparaissent  » un court métrage de 30 minutes, en 3D.

À la télévision, j’ai eu des rôles plus ou moins marquants mais de belles rencontres avec des réalisateurs talentueux et à l’écoute malgré le peu de temps dont nous disposons pour réaliser un téléfilm, notamment dans le téléfilm « Dalida », réalisé par Joyce Bunuel, dans lequel j’interprétais le rôle d’Eddie Barclay.
Mais j’ai envie de dire que mon plus grand rôle, celui qui marquera définitivement ma carrière, est à venir.

À Stars-media, nous avons beaucoup aimé ton personnage pervers, totalement dénué d’humanité dans le film de Jean-Claude Brisseau, « Choses secrètes ». Comment as-tu abordé un tel rôle ?

C’était très particulier. Ce n’est pas moi qui entrais dans le personnage, mais le personnage qui entrait en moi. Il restera toujours une part de Fabrice, cette petite part d’ombre que l’on a tous. J’essayais de comprendre précisément les désirs de Jean-Claude, je m’en imprégnais en lisant bien le script.
Et il y avait du Fabrice Deville dans l’air pour compléter tout cela, ce fut très enrichissant de travailler avec Jean-Claude.

Abordons ton actualité. Pourquoi es-tu au Festival de Cannes cette année ?

Fabrice Deville dans "Secret d'hiver".

Fabrice Deville dans « Secret d’hiver ».

Pour deux raisons. Le film « Secret d’hiver » réalisé par Vincent Harter avec Charlie Nune, Priscilla Betti et d’autres acteurs très talentueux. Nous avons tourné au Canada, c’était une belle aventure humaine grâce à laquelle j’ai pu faire une vraie rencontre avec Vincent. Le film cherche encore du financement, d’où notre présence et celle des producteurs à Cannes pour le promouvoir, afin qu’il soit monté et distribué dans les meilleures conditions.

L’autre raison, c’est de pouvoir rencontrer les professionnels du cinéma, afin d’échanger des idées qui, peut-être, aboutiront à de vrais projets.

Dans le film « Secret d’hiver », cela t’a fait quel effet d’incarner le père de Priscilla ?

À vrai dire, c’est la première fois que l’on me demande de jouer le père d’une personne presque aussi âgée que moi (rires), mais avec mes cheveux long et gris dans le film, cela passait plutôt bien.

Et puis, finalement, Priscilla et moi avions peu de scènes ensemble, donc cela allait, même si nous étions à la limite du raisonnable (rires).
C’est ma deuxième expérience au Québec, j’avais tourné en 1995 quelques épisodes d’une série qui s’appelait « Les enfants de John ».

Tes projets, Fabrice ?

Depuis mon retour du Canada pour le tournage de « Secret d’hiver », j’ai dû annuler deux projets de séries télé où j’avais un rôle important.
Je suis sur différents projets mais comme rien n’est signé, j’attends un peu avant de t’en parler.
En revanche, l’écriture me tente beaucoup.

Ton mot de la fin pour les lecteurs de Stars-media ?

À tes lecteurs, je dirai qu’il faut toujours avoir une vision claire de ce que l’on veut obtenir. Visualisez ce que vous voulez, ce sera plus facile pour atteindre votre objectif. Osez toujours vous adresser à la bonne personne pour avoir la bonne heure, ne perdez pas de temps avec les autres… Osez demander !

Propos recueillis par Laurent Amar