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Archive pour la catégorie ‘Litterature’

Interview exclusive de Mélusine Vaglio, auteur de « bi » les femmes qui aiment les hommes… et les femmes

Jaquette
Bonjour Mélusine Vaglio, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour Laurent, je suis enseignante agrégée de Lettres, je suis passionnée par les questions de société qui sortent des sentiers battus. Cela m’a amenée en 2010 à publier chez Armand Colin Néphilim, un essai sur l’histoire des origines du mal, inspiré par une partie apocryphe de l’Ancien Testament et les manuscrits de Qumran.

D’après ces textes, une croyance séculaire s’était développée chez les Hébreux et les Chrétiens selon laquelle les Néphilim – la progéniture maudite des Anges déchus – auraient apporté le mal sur Terre. Occultée par l’Église pendant 1600 ans, cette histoire continue de nourrir toute la subculture actuelle ainsi que les théories conspirationnistes qui prolifèrent sur Internet. J’ai également écrit pour Hachette Kitty Lord, une tétralogie pour la jeunesse mettant en scène ces fameux Néphilim.

Pourquoi ce livre sur la bisexualité des femmes célèbres ?

Depuis une quinzaine d’années, un grand nombre de biographies « non autorisées » ont levé le voile sur la vie privée des femmes d’exception du XX e siècle. Des stars aussi célèbres que Greta Garbo, Marlene Dietrich, Katharine Hepburn, Joan Crawford ou Marilyn Monroe, mais encore Frida Kahlo, Madonna, Françoise Sagan, Colette, Simone de Beauvoir, Angelina Jolie et bien
d’autres, ont eu, en marge d’une sexualité hétérosexuelle classique, des relations avec d’autres femmes. Loin de tenir cette bisexualité pour anecdotique, il m’est apparu qu’elle constituait un véritable épiphénomène : la manifestation la plus éloquente de l’entrée du féminin dans la modernité.

L’émancipation économique de la femme a été connexe d’une libération sexuelle restée longtemps impensable, puisque jusque dans la sphère intime, la bisexualité fait de la femme l’égale de l’homme. Comment interpréter cet acte de revanche contre la société patriarcale, si ce n’est que pendant des siècles la liberté d’action des hommes a constitué l’unique modèle de réalisation de soi proposé aux femmes ? Conquérir une autre femme serait alors le comble de la liberté, une sorte d’émancipation ultime. L’expression par la bisexualité d’un « hermaphrodisme mental » comme dans le cas de Colette par exemple, révèle que ces femmes s’autorisent désormais à exprimer leur génie créateur. Cette bisexualité aura permis de libérer les énergies et les élans si longtemps brimés.

Qu’en est-il de la bisexualité des femmes en général, n’est-elle pas en train de devenir la norme ?

Mélusine Vaglio

Mélusine Vaglio

Cela se pourrait. Ce qui jadis était réservé à un cercle restreint de femmes privilégiées appartenant au monde des arts et des lettres, est en train de progresser dans la société. Ce sujet reste curieusement passé sous silence, seule la presse people se fait l’écho de l’émergence de la bisexualité, à grands renforts de scoops concernant quelques figures iconiques de la mode et du cinéma, sans toutefois analyser le phénomène. Si le tabou de la bisexualité perdure, c’est qu’elle est par définition contraire à la norme.

D’un point de vue sociétal, la bisexualité représente un hors-norme : elle porte atteinte à la représentation traditionnelle du couple, déconstruit les catégories de genre (masculin et féminin) et détruit les divisions de sexe (hétérosexuel et homosexuel). En raison de son manque de visibilité – les bisexuelles étant la plupart du temps mariées, la bisexualité est par essence subversive. Plus que
de norme, il faudrait parler d’un changement de mentalité et d’une volonté d’explorer sa sexualité sans tabou.

Les adolescentes couchent-elles réellement avec leur copine ?

C’est une question délicate. L’écart se creuse entre la représentation angélique que les adultes se font de leur progéniture et la réalité. Depuis que le mariage pour tous est entré dans les mœurs, la majorité des adolescents ont intégré dans leur vision du monde l’idée d’homosexualité. Par ailleurs, les producteurs de séries et de films n’hésitent plus à mettre en scène le couple de femmes.

Depuis Basic Instinct de Paul Verhoeven et Bound des Wachovski, il y a eu Black Swann, le film culte de Darren Aronofsky, Mullholand Drive, le chef d’œuvre de David Lynch et plus récemment, La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche qui a scandalisé Cannes en 2013 et le thriller sud-coréen Mademoiselle de Park Chan-Wook en 2016. Pourtant, le cinéma hollywoodien caricature encore trop souvent la bisexualité féminine en réduisant le polymorphisme sexuel des femmes à une pratique borderline risquée et mortifère pour l’homme. Les femmes bisexuelles apparaissent comme des désaxées ultra dangereuses, incarnant la perversion et la duplicité absolues.

La publicité et la mode valorisent au contraire la figure de la bisexuelle et les grandes marques n’hésitent plus à jouer ouvertement de l’ambiguïté des relations entre femmes dans leurs campagnes publicitaires. Quant à l’impact des sites pornos, il est indéniable, même si le couple de femmes dans le film X sert surtout à renforcer l’hégémonie masculine. À l’évidence, cette surexposition aux médias conditionne l’imaginaire des adolescentes ; reste qu’il est difficile de mesurer son influence sur leurs premières expériences.

A quel moment les stars que vous citez dans votre livre ont décidé de révéler leur bisexualité ?

À l’exception de Madonna, de Kristen Stewart et d’Angelina Jolie, qui ne se sont jamais cachées d’aimer les femmes, les stars que j’évoque ont dû contourner la censure de leur époque. Lors du tournage de son premier film en Suède, à peine âgée de 18 ans, Greta Garbo a une aventure avec une de ses consœurs, mais rien de l’idylle ne filtrera hors des plateaux. Dans le Berlin des années
folles, le fait d’être mariée et mère de famille ne dissuade pas Marlène Dietrich, encore inconnue, de multiplier les aventures avec d’autres femmes en toute tranquillité. Devenues sex-symbols à Hollywood, Garbo et Dietrich se laissent photographier en costume-cravates, en ayant conscience que personne ne peut soupçonner leur bisexualité.

Dietrich construit sa carrière en jouant de cette ambiguïté, portant le frac dans ses « one man show » avec l’intention avouée de plaire aux deux sexes. À 18 ans, Frida Kahlo trompe son petit-ami avec une employée de la bibliothèque du ministère de l’Éducation. Devant le scandale, elle se voit contrainte de donner sa démission. Mais cela ne l’empêche pas, à l’occasion d’une photo de famille, de s’exhiber dans un
complet masculin, les cheveux lissés en arrière, métamorphosée en un beau jeune homme. Depuis George Sand et Colette, le travestissement a valeur de coming out, mais à l’époque, seule une poignée d’initiés étaient capables d’y lire les signes d’une bisexualité qui nous parait, avec le recul, évidente à décrypter.

Sont-elles, pour certaines, plus homosexuelles que bi ? Je pense notamment à Kristen Stewart.

Cette question s’avère désormais caduque et dépassée. Si la jeune génération de stars affiche clairement une vie sexuelle libre, le terme même de « bi » est remis en question. Étiqueter la sexualité revient d’emblée à la limiter, alors qu’il s’agit de lutter contre les préjugés et d’abandonner les anciens clivages.

Étiqueter, c’est enfermer, alors que l’on sait depuis Freud que la sexualité est polymorphe. D’ailleurs, plus que de « bisexualité », les stars préfèrent parler de « fluidité », voire même de « pansexualité » pour appréhender cette nouvelle plasticité de la sexualité, déliée de toute référence au genre. Faisant fi des codes, des genres et des interdits, elles veulent vivre leur amour tout simplement. Le cas de Kristen Stewart est emblématique de ce nouveau positionnement. Après une phase hétérosexuelle, elle s’affiche désormais avec des filles, s’inscrivant dans cette mouvance de sexualité plurielle. Mais ne nous méprenons pas : son récent coming out à la télé ne présage en rien sa vie sentimentale à venir. Avec Kristen Stewart, la bisexualité se fait disruptive : elle fait voler en éclats tous les clichés associés au genre et à l’idée même de sex-symbols.

Allez-vous envoyer votre livre aux stars françaises que vous citez ?

Je ne cite guère de stars françaises à l’exception de Colette et de Françoise Sagan dont la bisexualité est devenue notoire à la suite des récents films et ouvrages biographiques. La défiance des stars françaises vis-à- vis du coming out est compréhensible : la question du genre en France reste controversée et parler ouvertement de bisexualité est toujours mal perçu. Qui plus est, la confusion entre bisexualité et lesbianisme perdure. Seules quelques femmes d’exception ont su s’affranchir de la question du genre en se moquant du qu’en-dira- t-on. Si la bisexualité est répandue dans les milieux libertins, elle n’en conserve pas moins une image sulfureuse, qui alimente les peurs et les fantasmes. À l’encontre des stars américaines comme Madonna, Kristen Stewart ou Angélina Jolie, la plupart des stars françaises restent frileuses et préservent leur jardin secret afin de ne pas nuire à leur carrière. À un certain niveau, la société conserve des schémas archaïques et rétrogrades.

Votre mot de la fin ?

La bisexualité a toujours été au centre de deux visions antagonistes. Dans la nosographie médicale, elle a longtemps été assimilée à une perversion, à un trouble de la personnalité. Le philosophe grec Platon voyait pourtant dans l’androgyne, la voie d’un troisième genre, synthèse du mâle et de la femelle. Les alchimistes, de leur côté tenait l’androgyne pour l’image exemplaire de l’homme parfait. Beaucoup de traditions spirituelles tiennent la réunion des opposés pour une des formules capables d’appréhender le mystère du divin.

Les femmes d’exception, comme tout créateur, ne sont ni homme, ni femme, mais totalisent les deux sexes à la fois, en choisissant ou pas de vivre physiquement la conjonction en elles du masculin et du féminin. Elles incarnent une quête d’idéal périlleuse, celle d’une intégration réussie des contraires. Plus que jamais source de fascination, la bisexualité apparait comme l’ultime apanage des stars, la survivance de ce qui reste de l’éclat lointain des anciennes divinités de la mythologie.

Propos recueillis par Laurent Amar

« Mocky soit qui mal y pense », le dernier livre de Jean-Pierre Mocky

Jean-Pierre et ses invités

Jean-Pierre et ses invités

S’il y a bien un monstre sacré encore présent de nos jours, c’est Jean-Pierre Mocky. Admiré ou mal-aimé, le réalisateur ne laisse personne indifférent, ni ses fans, ni ses détracteurs.

Pourtant, personne ne connaît mieux le monde du cinéma français, et international, que lui. Sa vie incroyable de cinéaste, il a décidé de la raconter dans un livre au titre à la fois astucieux et énigmatique, « Mocky, soit qui mal y pense ».
Le réalisateur de « À mort l’arbitre » dans un ouvrage à la qualité d’écriture exceptionnelle, nous relate des anecdotes croustillantes et évoque ces actrices dont il est tombé amoureux et que, pourtant, il n’a jamais eues.

Pour fêter l’arrivée de ce livre, publié aux éditions du Cherche Midi, Jean-Pierre a organisé une soirée très chaleureuse, au fameux Buddha-Bar à Paris, dans lequel il a reçu ses amis artistes, comme Bernard Menez avec qui il a tourné son avant-dernier film, « Le Cabanon rose », aux côtés de Jean-Marie Bigard et de la sublime Grâce de Capitani.
Ce fut l’occasion pour lui de dédicacer un grand nombre de livres.

Ne manquez surtout pas « Mocky, soit qui mal y pense ». Si vous êtes passionné de cinéma, si vous aimez les films de Jean-Pierre Mocky, ainsi que les grandes et belles actrices, vous ne serez pas déçu par cet ouvrage, étonnant et émouvant, narrateur d’une œuvre cinématographique unique.

Chapeau bas ! monsieur Mocky.

Laurent Amar

Une soirée pour célébrer la Sérénissime et son ouverture au monde pour le rayonnement des arts autour de la littérature.

Gerard Holtz, son épouse Muriel Mayette et Stéphane Ruffier

Gerard Holtz, son épouse Muriel Mayette et Stéphane Ruffier-Meray. Crédit photo: Alain Robert

Le Prix Littéraire Marco Polo Venise est un prix littéraire franco-Italien créé par Christine Bach et Stéphane Ruffier-Meray.
Il est attribué à un roman français ou italien traduit en langue française, édité au cours des douze mois écoulés.
Il récompense un roman célébrant l’Italie sous toutes ses formes. Il est remis chaque année à Venise .

Le 11 juin s’est tenue la soirée de gala donnée par Generali au palais Morosini à l’occasion de la remise du Prix Littéraire Marco Polo Venise 2016.

Le lauréat Sandro Veronesi récompensé pour son roman « terres rares » paru chez Grasset reçu le Prix des mains de la Présidente du Jury Muriel Mayette-Holtz et de Philippe Donnet, Président de Generali partenaire officiel.

Les 4 finalistes étaient:
Elena Ferrante « le nouveau nom « (Gallimard).
Marco Missiroli « Mes impudeurs » (Rivages).

Pia Piard et Olivier Weber recevant le cadeau de Odiot

Pia Piard et Olivier Weber recevant le cadeau de Odiot Crédit photo: Alain Robert

le Lauréat recevant le Prix des mains de Philippe Donnet, Président de Generali

le Lauréat recevant le Prix des mains de Philippe Donnet, Président de Generali

Sandro Veronesi « Terres rares » (Grasset).
Olivier Weber l’Enchantement du monde » ( Flammarion)

Generali mécène des arts et de la culture avait convié la pianiste Caroline Haffner, Princesse Murat qui interpréta des airs de Chopin, Debussy, Liszt

A cette occasion, Generali accueillait également le célèbre artiste peintre et calligraphe chinois Maître Jiang Shanqing pour l’inauguration de son exposition ‘’d’encre et d’eau’’

Le Prix Littéraire Marco Polo Venise remercie ses partenaires Generali et l’Hôtel Principe et son mécène la Maison Odiot Orfèvre

http://leprixlitterairemarcopolovenise.eu/

Le château de la Messardière attribue son prix littéraire à Nathalie Rheims, lauréate 2016

La lauréate 2016, Nathalie Rheims, et le président du jury Jean-Marie Rouart de l’Académie française.

La lauréate 2016, Nathalie Rheims, et le président du jury Jean-Marie Rouart de l’Académie française.

Lancée en 2011 par Alexandre Durand-Viel, Directeur Général du sublime Château de la Messardière, « le Prix Messardière – Roman de l’Eté » réunit les ouvrages de plus de trente maisons d’édition.

L’originalité de ce prix, véritable week-end littéraire au cœur du printemps, réside dans l’échange entre les trois finalistes, les membres du jury et un public de plus de 150 personnes avant l’annonce du lauréat.

Cette année encore, les auteurs se sont présentés face au public. Un débat fut orchestré par le président du jury 2016, Jean-Marie Rouart de l’Académie française, sur le thème de «Biographie et biopic : la biographie va-t-elle supplanter le roman ? ».

C’est donc le samedi 21 mai vers 18h00 que fut donné par Jean-Marie Rouart le nom de la lauréate 2016, Nathalie Rheims, pour son roman autobiographique Place Colette aux Editions Léo Scheer.

Un roman édité l’été dernier, presque un an plus tôt en août 2015, soulignant ainsi l’intemporalité de la littérature.

La lauréate pouvait alors remercier chaleureusement le président du jury 2016 pour ce premier prix littéraire reçu après 17 romans publiés et en évoquant avec beaucoup d’émotion et de pudeur les liens qui l’unissaient de longue date avec sa famille.

Source: Service presse du Château de La Messardière

Interview de Luc Mary, co-auteur de « les derniers jours des chefs nazis »

Les derniers jours des chefs Nazis

Les derniers jours des chefs Nazis

Bonjour Luc Mary, pourquoi avoir décidé d’écrire un livre sur les grands chefs nazis ?

En effet, le sujet peut surprendre. Au regard du nombre pléthorique de parutions gravitant autour du nazisme et de la Seconde Guerre mondiale, notre livre, puisque je l’ai écrit aux côtés de Philippe Valode, peut apparaître comme un énième ouvrage portant sur la période la plus bouleversante de notre histoire récente. Et pourtant, je veux insister sur le côté novateur de ce sujet :
« les derniers jours des chefs nazis ».

Une fois n’est pas coutume, ce livre ne s’intéresse pas au Führer à proprement parler ni même aux évènements tragiques qui ont jalonné la Seconde Guerre mondiale mais à l’entourage d’Hitler et aux raisons qui ont poussé des hommes lambda à embrasser les aspects les plus brutaux du national-socialisme. En d’autres termes, il propose à ces lecteurs d’explorer l’histoire du nazisme en auscultant le cheminement de ceux qui l’ont construit, une trentaine environ, en s’attachant particulièrement à la façon dont ils ont disparu. Loin s’en faut, tous n’ont pas connu le même sort.

Quand d’aucuns sont morts assassinés par la Résistance à l’exemple d’Heydrich, d’autres se sont suicidé pour échapper à la justice comme Goebbels ou Himmler, nombreux sont aussi ceux qui ont survécu à la Guerre mais qui ont finalement été rattrapés par le jugement de l’Histoire. J’en veux pour preuve le seul cas d’Eichmann. Enlevé par les services secrets israéliens en Argentine en mai 1960, cet inspirateur de la Solution finale a finalement été jugé, condamné à mort et exécuté en Israël deux ans plus tard. En fin de compte, « les derniers jours des chefs nazis » permet de brasser une période qui dépasse largement le cadre de la Seconde Guerre mondiale, apparaissant en cela comme un témoignage incontournable et accablant sur l’une des idéologies les plus implacables et les plus sombres du siècle le plus meurtrier de l’Histoire…

Hitler était fou, mais comment expliquer également l’inhumanité de ses complices ?

Un éleveur de poulets, un écrivain raté, un as de l’aviation fauché, un simple juriste, un représentant en vins et spiritueux, les hommes qui ont accompagné Hitler dans sa folie meurtrière viennent apparemment de tous les horizons sociaux. En somme des hommes ordinaires happés par le grand tourbillon de l’Histoire. Leur profil psychologique varie aussi d’un personnage à l’autre. Tous apparaissent néanmoins comme des revanchards épris d’un nationalisme aigu doublé d’un antibolchevisme virulent. N’ayant jamais accepté l’humiliation de l’Allemagne de 1918 et surtout l’iniquité du traité de Versailles de 1919, nombreux sont les futurs cadres du Reich qui ont vu en Hitler le seul sauveur de la Nation et le seul homme capable de faire barrage au péril rouge.

Plus séduits par le charisme d’Hitler que par le nazisme en particulier, les sbires du Führer font figure d’opportunistes exaltés qui se sont nourri d’antisémitisme pour mieux asseoir leur carrière. L’un des cas les plus probants est sans conteste celui de Goering. Pourtant sauvé par une famille juive lors du putsch manqué d’Hitler en 1923, cela ne l’a pas empêché de signer un décret accablant les Juifs d’une amende d’un milliard de marks pour réparer les dommages occasionnés lors de la fameuse nuit de cristal de novembre 1938. Un comble ! En matière de férocité et de digne représentant nazi, la palme d’or doit cependant être remise à Reinhardt Heydrich, « l’esprit du Mal » par excellence confie Otto Strasser.

Luc Mary

Luc Mary

Dès l’âge de 16 ans, le futur maître de la Gestapo affiche sa haine viscérale à l’égard des Juifs et des Slaves. Organisateur d’expéditions punitives contre les Rouges dans les rues de Hambourg en 1932, Heydrich est le véritable instigateur de l’incendie du Reichstag, déclencheur d’une campagne sans précédent contre les communistes, et l’initiateur de la Shoah par balles en URSS.
Sous son impulsion, des commandos de la mort, les Einsatsgruppen, écument les campagnes soviétiques et en extirpent les indésirables…

Concernant Keitel, le chef d’état-major, comment expliquez-vous le fait qu’il n’ait jamais osé contredire les ordres parfois délirants de Hitler, notamment quand celui-ci refusait que la 6ème armée évacue Stalingrad ?

D’une certaine façon, Keitel fait figure d’anti-Rommel, un homme sans génie militaire et sans honneur. A aucun moment, celui que l’on a surnommé le laquais d’Hitler ou encore « le général Yawohl » (à savoir le général « Oui-oui »), n’a fait preuve de la moindre initiative ou du moindre courage pour contredire Hitler. Il est le modèle même du pleutre, caché derrière le visage de l’arriviste. Dans les livres scolaires, son visage est universellement connu, avec son éternel monocle.

Incarnant à la fois le Reich triomphant en 1940 et l’Allemagne humiliée en 1945, c’est lui qui reçoit la reddition de la France le 22 juin et c’est toujours avec sa signature que la Guerre s’achève cinq ans plus tard. Tout comme les autres dignitaires nazis, il a vilipendé La République de Weimar et les dictateurs du traité de Versailles. Elevé au rang de chef suprême des forces armées allemandes au lendemain suite à la double éviction des généraux Blomberg et Frisch, lesquels s’opposer aux projets d’expansion nazie en Europe, il doit son impensable ascension sociale à son incomparable fidélité à Hitler et non à ses seules initiatives. A l’instar de Ribbentrop, le ministre des affaires étrangères du Reich, c’est un homme sans envergure et sans charisme.

Son alignement inconditionnel sur Hitler s’explique non seulement par l’admiration qu’il porte à son chef mais aussi par la peur qu’il lui inspire. C’est cette même peur qui conditionne son zèle sans pareil à l’égard de la cause hitlérienne. Ainsi officie-t-il le tribunal du Peuple en 1944. Institué au lendemain de l’attentat manqué contre Hitler à Rastenburg, le 20 juillet de cette même année, ce tribunal condamne les conjurés à la pendaison. Ordre a même été donné aux bourreaux de baisser le pantalon  pendant leur supplice. Une seule fois, Wilhelm Keitel s’est aventuré à défendre un général révoqué lors de la campagne de Russie, un certain List, mais son insubordination est de courte durée, obsédé qu’il est par le désir de préserver son poste.

Alfred Rosenberg voulait-il en fin de compte inventer une nouvelle mystique, en remplaçant le christianisme par un mythe plus « païen » ?

« Le drame d’Alfred Rosenberg, c’est d’avoir vraiment cru au national-socialisme » relate l’historien Joachim Fest. Auteur d’un livre indigeste, « le mythe du XXème siècle », le quatrième pendu de Nuremberg est surtout connu pour être l’idéologue du parti nazi. Renvoyant le christianisme et le communisme dos à dos, ce nazi de la première heure affirme haut et fort la supériorité des Allemands, un peuple né pour conquérir le Monde selon ses dires. Et Rosenberg de sacraliser l’idée de race, seul idée motrice de la Grande
histoire. Au concept de lutte des classes, cher au marxisme-léninisme, Rosenberg entend y substituer l’idéologie de la lutte des races. Des valeurs de pitié et de charité véhiculées par le christianisme, il en fait table rase.

Seul compte pour lui les principes sacrés de l’honneur et du combat. Et cet ancien étudiant en architecture de fustiger le concordat conclu en juillet 1933 avec l’Eglise. En août 1939, il est aussi l’un des rares hauts dignitaires nazis à s’indigner du pacte de non-agression signé avec les Soviétiques. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, les idées de Rosenberg sont loin d’avoir séduit l’aréopage nazi. Littéralement vilipendé par Goering et constamment ridiculisé par Goebbels, Rosenberg ne rencontre même pas l’assentiment d’Hitler, lequel lui reproche de trop intellectualiser le nazisme, Rosenberg apparaît comme un idéologue égaré complètement coupé des aspirations véritables du peuple allemand. « C’est un souverain sans pays ni sujets » tempête le fougueux ministre de la Propagande. « Le nazisme est un mouvement populaire précise Hitler, pas un mouvement culturel ». Une fois n’est pas coutume, le Führer n’a pas tout à fait tort…

Y-avait-il un chef nazi qui était moins « atroce » que les autres, et si oui, qui était-il ?

Je vais peut-être vous surprendre, mais l’un des nazis les moins convaincus par l’idéologie aryenne n’est autre que Goering, le potentiel successeur d’Hitler.

Plus séduit par Hitler que par les idéaux du nazisme, celui qui fut le numéro deux du régime et le successeur désigné du Führer est avant tout un acrobate des airs nourri d’exploits, de gloire et d’héroïsme guerrier, plus intéressé par ses parties de chasse et ses collections d’art que par le devenir du nazisme. La guerre elle-même n’est pas l’une de ses obsessions. A plusieurs reprises, Goering s’évertue à préserver la paix avec la France et l’Angleterre. Au printemps 1939, Il propose  même « un plan de paix de 25 ans » au gouvernement britannique. Élevé et éduqué par le baron Epenstein, un parrain d’origine juive, un homme qui l’a profondément marqué, l’antisémitisme de Goering relève du pur opportunisme.

En novembre 1938, lors de la « nuit de cristal », il déclare ainsi sans ambages qu’il est de son seul ressort de déclarer qui est Juif et qui ne l’est pas. Quoiqu’il en soit, je ne veux pas dresser un portrait idyllique du chef de l’aviation allemande. Plu nazi par ambition que par conviction, ce  morphinomane de plus de 130 kg est l’homme de tous les excès, de toutes les médailles et de toutes les extravagances. Lors du procès de Nuremberg, l’ancien Reichsmarchall ne reconnait à aucun moment ses torts, n’exprime nul repentir et nie catégoriquement avoir été mis au courant de l’existence des camps d’extermination. Mieux encore, il n’a pas le courage
d’affronter la potence. Le 15 octobre 1946, il se suicide en effet dans sa cellule, seulement quelques heures avant son exécution.

Votre mot de la fin Luc Mary ?

Enfin, je voudrais insister sur le caractère tout à fait banal et ordinaire de  ces hauts dignitaires nazis. En somme, des honnêtes pères de famille rentrant chez eux tous les soirs. A les entendre, « ils ne faisaient qu’exécuter les ordres ». Un culte de l’obéissance inconditionnel, inséparable d’une totale absence de moralité et d’interrogation de soi. Loin d’être né monstres, ces Nazis sont
devenus des tortionnaires, emprisonnés dans le grand carcan de l’Histoire. On ne peut en effet comprendre le nazisme et ses disciples sans nous plonger dans ce terrible monde de l’entre-deux-guerres. Plus encore que le nazisme, c’est surtout la peur ou l’attrait du marxisme-léninisme qui régentait les masses.

Entre 1917 et 1921, la révolution russe avait en effet généré une vague d’émigrés, lesquels rapportaient des récits terribles des exactions commises par les Bolcheviks. Le nazisme est en partie lié au rejet du communisme. Les deux idéologies ont pourtant les mêmes racines et obéissent à la même logique totalitaire. Et n’allons pas croire qu’elles ne peuvent jamais renaître de leurs
cendres. Aujourd’hui, l’islamisme radical préconisé par DAECH apparaît comme la fille cachée du nazisme et du communisme stalinien. Une nouvelle forme de totalitarisme d’autant plus incontrôlable qu’elle repose sur des principes religieux dévoyés…

Propos recueillis par Laurent Amar

« CONTRE UT ET CONTRE TOUS » DU DOCTEUR HENRI AMOROSO

Nice - le 20.12.13 :Le docteur Henri Amoroso, travaillant dans le bureau de son appartement niçois.

Nice – le 20.12.13 :Le docteur Henri Amoroso, travaillant dans le bureau de son appartement niçois.

C’est le titre d’une biographie riche et insolite qui semble regrouper plusieurs vies.
Henri AMOROSO a recherché, toute sa vie, le Beau, le Bien et le Vrai. Il a atteint, avec sa voix de ténor, le contre ut, cette note magique, recherchée par les amateurs de Bel Canto tout comme il s’est aussi illustré dans le domaine scientifique
par une recherche continue et intense.

L’être humain n’est qu’un agrégat cellulaire singulier qui rencontre un milieu (Epigenèse). On dit que DIEU a joué aux dés  mais EINSTEIN ajoutait « Il en laisse traîner beaucoup par terre ».
Comme CAMUS, il a été élevé dans un souk, le quartier du Panier à MARSEILLE, une dizaine de personnes dans 50 m2, les toilettes  au premier étage et sur le balcon !

Il a été présenté au concours général de grec ancien alors qu’à l’âge de 5 ans, il ne parlait qu’un mélange de napolitain-marseillais.

Mais là est le point fort de son parcours. L’homme n’est grand que par ce qu’il devient. Il apporte la preuve comme des millions d’autres petits gars qu’avec la volonté d’un samouraï et le crochet droit de Marcel CERDAN, on peut bousculer
l’adversité la plus tenace. Parvenu au sommet de sa vie, celui dont on dit qu’il est le tir au but, la course vers l’essentiel,  il veut servir d’exemple dans un humanisme sans faille. La recherche du Beau, du Bien, du Vrai, ces trois concepts normatifs fondamentaux de
l’Ordre Éthique, est son phare. Il n’en a qu’un.

Vivre c’est éliminer et choisir. Il avait, génétiquement, une intuition hors du commun et une impérieuse nécessité de connaître ses limites qui l’ont amené à la psychiatrie.

IL a la tessiture d’un ténor, c’est son ADN. Il nous raconte son aventure musicale, ses nombreux concerts. Il a approché les plus Grands. Sa voix a séduit PAVAROTTI auprès duquel il a chanté à Naples.
Il a participé à de nombreuses émissions médiatiques de qualité avec Bouvard, Drucker, Dechavanne etc…

Sa parentèle napolitaine et la maîtrise parfaite de cette langue lui ont permis une approche secrète, enrichissante et objective de la mafia.

Il a bénéficié de l’encouragement personnel d’Einstein, du professeur Jean Bernard et du biologiste Henri Laborit qui l’appelait « HENRI L’AUTRE ». Les photos d’une vie.
Quant aux Académiciens, il les a pratiquement tous rencontrés ; ils sont chaleureux et à les en croire, il aurait dû être parmi eux ! Un seul a tenu parole : Jean Dutourd. Au sommet de sa vie, il a appris à connaître l’envers du décor ; le revers de la médaille est implacable. En effet, la société évolue entre le cristal et la fumée.
La superstition c’est l’art d’accommoder les coïncidences  auxquelles, en scientifique averti,  il ne croit pas mais ça l’arrange de penser que ses initiales H.A. cachent sourdement deux signifiants autrement évocateurs que son banal patronyme : H c’est l’Honneur, A c’est l’Amour. Ceux qui m’aiment acquiesceront, les jaloux merdiques et médiocres crieront au Mégalo… Qu’ils sachent que ses deux
idoles qui l’ont tant aidé, furent EINSTEIN et PAVAROTTI.

Il nous parle encore de nombreux sujets, de ses croyances et il nous livre un dernier testament qu’il espère encore, à 88 ans, largement révisible dans les décades à venir.

A la fin de l’ouvrage, l’auteur fait un essai « du neurone pontifical au frisson musical ».

 » Jean Desparmet, itinéraire d’un homme d’honneur  » aux Éditions des Auteurs des Livres.

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Si, les peuples heureux n’ont pas d’histoire, les hommes heureux peuvent se raconter sans que le récit soit forcément dépourvu d’intérêt. Jean Desparmet en est une bonne illustration. Né en Ardéche, contrôleur civil du Protectorat en Tunisie dans l’immédiat avant-guerre, créateur de réseaux de résistance, diplomate.

Il fut d’après la chronique et selon le souvenir qu’il a laissé, plus d’un demi-siécle plus tard une grand figure de Kasserine et de tout le sud-ouest du pays. Aux mémoires 1937-1947 sont joints un album-souvenir de plus de 100 photos et un dvd de près d’une heure mêlant images d’archives et témoignages particuliers. Tous trois contiennent des témoignages précieux sur une période très mal connue de la deuxième guerre mondiale dans cette région.

Prix. 16 €

 

 » Deux garçons sans histoire  » de Marc Desaubliaux aux éditions des Auteurs des Livres.

"Deux garçons sans histoire" aux éditions des Auteurs des Livres.

« Deux garçons sans histoire » aux éditions des Auteurs des Livres.

Une petite ville de province dans les années 1970. Une famille de notables faussement aristocrates. Des parents chez qui le jeu des apparences permet de cacher bien des drames, père indifférent à ses enfants tant qu’ils ne créent pas de scandale, mère qui, après l’échec de son mariage, à rejeté toute son affection sur son cadet, Sébastien, 15 ans, qui fréquente le meilleur collège catholique de garçons de la ville.

Tout est ordre donc, jusqu’à cette messe de rentrée scolaire du collège de Sébastien à la cathédrale. Ce jour-là tout bascule…Ce jour là il rencontrera l’amour mais pas celui pour lequel on le prédestinait. Que feriez-vous si l’on vous interdisait d’aimer ?

Ce roman est malheureusement d’actualité dans un monde qui est encore dans le préjugé.
 » Deux garçons sans histoire  » de Marc Desaubliaux est disponible aux éditions des Auteurs des Livres.

Stars-media.fr et Alain Turban rendent hommage aux victimes des attentats.

IMG_7885Stars-media.fr et Alain Turban s’associent pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 Novembre 2015, avec ce joli poème, également visible en vidéo si vous cliquez sur l’image ci-dessous.

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Stars-media vous présente Léa Chevalier et son premier livre, « Être belle ».

Léa Chavalier

Léa Chevalier

 

Bonjour Léa Chevalier, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Bonjour Laurent, bonjour chers futurs lecteurs. Pianiste de formation, je deviens au fil du temps une adepte du développement personnel. Un jour, je me décide enfin à allier travail et passion ; et commence un nouveau métier de coach en image.

Pourquoi avoir décidé d’écrire un premier livre sur la beauté et le bien-être des femmes ?

L’idée d’écrire ce livre me trottait dans la tête depuis longtemps. Comme bien des femmes, je suis obsédée par la beauté. Et comme bien des femmes, je ne réalise pas que je détiens par là même une arme formidable.

Aujourd’hui,  je navigue entre Londres et Paris et je croise chaque jour des adolescentes et des femmes mal dans leur peau. La société nous juge sur notre apparence physique et cela peut être difficile à vivre pour certaines personnes. La beauté reste le plus court chemin entre l’art et l’être humain, alors rendons-lui ses lettres de noblesse et sentons-nous Belles Belles Belles. Si j’ai voulu écrire ce premier livre sur le sujet, c’est qu’il me semble urgent de rappeler aux femmes que les vraies beautés ne sont pas celles d’Hollywood ni celles de nos magazines; mais bien celles qui frappent par la vie et l’amour qui se dégagent de tout leur être.

Les méthodes que vous dévoilez dans votre livre font-elles partie de votre quotidien ?

Pour être honnête avec vous, oui, pour la plupart. Même s’il y a des périodes durant lesquelles j’ai moins envie de prendre soin de moi. En tout cas certaines méthodes sont très utiles pour rétablir un équilibre émotif et mental dans ma vie quotidienne, je pense notamment à la pratique de la respiration alternée.

Le pouvoir de séduction d’une femme passe-t-il obligatoirement par son image?

"Être belle" par Léa Chevalier

« Être belle » par Léa Chevalier

Dans un sens je vous répondrais oui, et dans un autre, non. Le physique est la première chose que l’on remarque chez une personne. Si par son image on envoie un message clair à ceux que l’on rencontre, l’art de séduire, lui, va bien au-delà des apparences.

Une émanation, un rire inopiné, une mèche de cheveux replacée derrière l’oreille, une voix tendre…et encore mille choses qui fascinent et rendent une femme désirable. La preuve : on peut tomber sous le charme de quelqu’un que l’on n’a jamais vu. . Pour moi, le pouvoir de séduction de la femme repose avant tout sur sa confiance en elle et son envie de plaire.

Une bonne hygiène de vie est-elle essentielle chez une femme ? Ou peut-elle s’en passer ?

Une bonne hygiène de vie est primordiale. Je sais que cela fait toujours sourire les plus jeunes filles ; et pourtant, elles aussi seront un jour confrontées à cette réalité : la vie se lit sur les traits du visage et chaque ride qui apparaît dévoile une nouvelle étape de notre histoire. Ainsi, tout le maquillage du monde ne parvient pas à cacher nos peurs et nos angoisses. Si nous voulons rester belles il n’y a pas de miracle : nous devons nous astreindre à une discipline de vie plus rigoureuse.

Après ce livre Léa, quels sont vos futurs projets ?

C’est mon éditeur qui va être ravi de l’apprendre : je commence à écrire un nouveau livre ! Un ouvrage qui parle des femmes que l’on oublie parce qu’elles n’ont plus vingt ans. Des femmes qui sont pourtant encore belles et attirantes, qui nous ont donné de beaux enfants, qui ont encore de merveilleuses années devant elles et qui pourtant ne se sentent déjà plus femmes. Ces « belles de nuit » qui sont toujours si séduisantes, si étonnantes et qui ont tant à nous apprendre ; moi je les aime et je veux leur dédier mon prochain livre. Car elles le valent bien !

Votre mot de la fin ?

(rires) le mot de la fin je le laisse à Confucius qui résume tout dans cette phrase : « Une image vaut mille mots. » Si le physique est la première chose que les gens perçoivent, alors renvoyons au monde la meilleure image de nous mêmes et autorisons-nous à nous sentir les plus belles…

Alexandre Bodart-Pinto nous fait vivre sa vie à 200 à l’heure.

Ma vie à 200 à l'heure

Ma vie à 200 à l’heure

À 16 ans, Alexandre, tête brûlée, brise son corps et sa vie en tentant d’atteindre les 200 km/h sur la moto de son beau-père. Lorsqu’il se réveille à l’hôpital, tétraplégique, l’adolescent pense au suicide. Grâce à l’amour de sa famille et le soutien inconditionnel de sa bande d’amis, le jeune homme va réussir à surmonter son handicap. A force de courage, il récupère la force de ses bras et apprivoise ainsi peu à peu son fauteuil roulant.

Décidé à profiter de la vie, Alexandre se lance alors avec succès dans le monde de la nuit et ouvre une boîte de nuit en Belgique. Alcool, drogue, sexe… Le jeune entrepreneur profite de ses affaires florissantes, et qu’importe si la plupart d’entre elles attirent l’intérêt de personnages plus que troubles… Jusqu’au jour où son associé et meilleur ami est retrouvé sauvagement assassiné : c’est l’électrochoc.

Alexandre décide de reprendre sa vie en mains. Il crée la fondation « Wheeling Around the World » pour aider les personnes à mobilité réduite, voyage tout autour du monde pour offrir ses talents de communicant aux associations autour du handicap, et organise des soirées caritatives et des galas auxquels les plus grandes stars se bousculent.

C’est un livre d’espoir et de tendresse que nous offre Alexandre Bodart-Pinto, mais aussi une histoire passionnante sur l’incroyable résurrection d’un homme meurtri par la tragédie. « Ma vie à 200 à l’heure » est un livre à lire et à relire. C’est une leçon de vie remettant en perspective la grande dérision de nos « soi-disant » soucis quotidiens.

Laurent Amar

Interview exclusive de Mathieu Manent, directeur éditorial et co-auteur de: « Anthologie Playstation ».

Mathieu Manent

Mathieu Manent

Bonjour Mathieu Manent, pouvons-nous dire que la Playstation a révolutionné l’industrie du jeu vidéo ?

Bonjour Laurent. Oui, c’est une évidence, pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il s’agit d’un nouveau rival pour Sega et Nintendo, les deux constructeurs principaux depuis 1985 au Japon. Ensuite parce que la PlayStation est synonyme de nouvelle technologie : entre la 3D texturée, le CD et la technologie 32 bits, le fossé avec la génération de consoles précédente (SNES/MegaDrive) était assez impressionnant.

De plus elle a permis à de nombreux artistes de concrétiser leur vision du jeu vidéo sans être bridés par les limites technologiques des consoles à cartouche. Enfin, elle a réellement ouvert le jeu vidéo au grand public, en attirant de nouveaux types de joueurs, rassemblant ainsi enfants, ados (son cœur de cible) et jeunes adultes. Et puis surtout, elle a propulsé Sony comme nouveau leader de l’industrie, là où bien d’autres se sont cassé les dents (la CD-i, la 3DO, la Jaguar d’Atari, l’Amiga CD32…) !

Le cas Final Fantasy VII est sans doute l’une des anecdotes les plus passionnantes et intrigantes de cette industrie, pourriez-vous rappeler à nos lecteurs ce qu’il s’est réellement passé entre Nintendo et Squaresoft à l’époque ?

C’est simple. Jusqu’en 1994, Final Fantasy était une série exclusive aux consoles Nintendo mais pour cette nouvelle génération de machines, Squaresoft, qui décide logiquement d’évoluer avec les nouvelles technologies, se trouve confronté à un dilemme. Entre Nintendo qui doit proposer une console puissante mais bridée par son port cartouche en plus d’être retardée (au Japon, la N64 est sortie en avril 1996 et la PlayStation en décembre 1994 !) et Sony qui permettait aux développeurs de ne plus se soucier de l’espace de stockage des données tout en proposant des cinématiques en images de synthèse, l’entreprise a tranché en faveur de Sony.

Prévu à l’origine sur Super Nintendo, puis pressenti pour une sortie sur N64, Final Fantasy VII fut finalement annoncé exclusivement sur PlayStation, provoquant la colère du charismatique PDG de Nintendo de l’époque, Hiroshi Yamauchi. C’est le début d’un conflit entre Nintendo et Squaresoft, qui a duré jusqu’en 2002, année durant laquelle Satoru Iwata a succédé à M. Yamauchi.

Tomb Raider 1: à gauche sur Playstation, à droite sur Saturn.

Tomb Raider 1: à gauche sur Playstation, à droite sur Saturn.

Concernant la 3D et la puissance en général, le fossé était-il si important entre la Saturn et la Playstation 1 ?

Pas vraiment. Enfin une fois encore tout dépend des jeux mais d’une manière générale, la 3D était sensiblement la même, si ce n’est que la Saturn ne gérait pas la transparence et quelques effets d’ombre. Mais lorsqu’on regarde Tomb Raider ou Resident Evil sur l’une ou l’autre machine, difficile de dire à première vue sur quelle console le jeu fonctionne. En revanche, du point de vue des développeurs, la programmation était plus complexe sur Saturn lorsqu’il s’agissait de 3D, la technologie de la Saturn étant davantage conçue pour faciliter la programmation en 2D.

Ce qui est paradoxal, à une époque où la 3D temps réel devenait la norme ! D’ailleurs, c’est assez difficile à croire, mais même au niveau de la 3D texturée, la Saturn est théoriquement plus performante que la console de Sony ! Cette dernière affiche un maximum de 180.000 polygones par secondes, là où la Saturn peut en afficher jusqu’à 300.000.

Comment avez-vous fait pour réunir autant de jeux Playstation pour les chroniquer dans votre nouveau tome de la série « Anthologie » dédiée à la PS1 ?

Et bien contrairement à mon premier livre, Nintendo 64 Anthologie, je n’étais pas seul à écrire sur la PlayStation ! J’ai supervisé une petite équipe de rédacteurs talentueux et réellement passionnés, qui connaissaient parfaitement leur sujet et donc, à nous tous, nous possédions une quantité importante de jeux PlayStation.

Mais bien évidemment, avec plus de 4100 jeux existants sur PS1 (ce qui est colossal, la Nintendo 64, à titre de comparaison, en possède moins de 400), nous n’avions pas tous les titres sous la main. Fort heureusement, l’un de nos rédacteurs est fréquemment en contact avec Bryce Corp, l’un des plus importants collectionneurs de France. Il a d’ailleurs pu nous fournir de véritables raretés et nous a autorisé à photographier plusieurs pièces de sa collection, afin de les inclure dans notre ouvrage. Merci à lui !

Playstation Anthologie Collector Volume 1

Playstation Anthologie Collector Volume 1

Avez vous reçu le soutien de Sony France pour l’élaboration de Anthologie Playstation ?

Tout à fait, l’un des responsables de Sony nous a accordé une interview, et fourni de nombreux clichés officiels d’époque, destinés à promouvoir la console. Mais il n’y a pas que Sony ! Nous avons réussi à avoir de grands noms du jeu vidéo en interview, parmi lesquels Yuji Horii (Dragon Quest), Lorne Lanning (Oddworld), Charles Cecil (Les Chevaliers de Baphomet), des compositeurs, des créatifs, des programmeurs… Nous avons pu obtenir une dizaine d’interviews rien que pour le premier volume, et d’autres sont à venir !

Que pensez-vous des annonces PS4 au dernier E3 et comment imaginez-vous la Playstation 5 ?

C’était incroyable. De mémoire de joueur, je n’ai jamais vu ça dans un salon. Les trois jeux les plus réclamés sur console depuis des années (Shenmue III, The Last Guardian, et le remake de Final Fantasy VII) dévoilés en une seule conférence, c’était fou ! Du coup, la PlayStation 5 n’est pas prête d’arriver, la 4 a de beaux jours devant elle, avec ces futurs hits. Mais la PS5, je l’imagine “autrement”. Plus comme une console de jeu telle qu’on les connait, mais plutôt comme un hardware évolutif qui se rapprocherai davantage du PC… Je vois bien aussi Sony abandonner la numérotation de ses consoles et ne pas l’appeler “PlayStation 5”, pour marquer une rupture… Qui vivra verra.

Quels sont vos futurs projets Mathieu ?

Dans l’immédiat, boucler le volume 3 de l’Anthologie PlayStation ! Pour l’année prochaine, je pense faire une nouvelle anthologie dédiée à une machine de jeux… que je ne nommerai pas tout de suite, c’est encore top-secret ! Du côté de Geeks-Line, un ouvrage dédié à Yu Suzuki est en chantier, auquel je ne participe pas. Quant à moi, j’ai un tout autre projet plus personnel en cours, complètement à part. Je travaille depuis longtemps sur un roman, qui sera plutôt écrit à la manière d’un journal de bord, dans lequel un scientifique met sur papier ses états d’âme vis-à-vis des expériences secrètes qu’il mène dans les années 50. Rien à voir avec le jeu vidéo donc !

Votre mot de la fin pour nos lecteurs ?

J’espère que tous ceux qui ont eu la PlayStation à la fin des années 90 (et ils sont nombreux !) seront heureux de découvrir ou redécouvrir certains de ses titres les plus cultes dans l’Anthologie PlayStation. En ce qui me concerne, c’était un bonheur d’écrire sur le sujet, et j’espère que les lecteurs de Stars-media auront autant de plaisir à le lire !

Propos recueillis par Laurent Amar