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vue par Laurent Amar
et son équipe

Dark Souls III : beau, implacable, viscéral, addictif

Dark Souls III

Dark Souls III

« Vous êtes mort », tel est le leitmotiv de la série vidéo-ludique, les « Souls », initiée par le génialissime studio japonais From Software et son meilleur inspirateur, Hidetaka Miyazaki.
L’essence de ces jeux réside dans une difficulté poussée à son paroxysme, sans qu’aucune concession ne soit faite aux joueurs, à l’inverse des jeux vidéo actuels où l’on prend le gamer par la main.

Cette série a définitivement marqué d’une pierre blanche l’histoire du jeu vidéo.

Qu’il s’agisse de Demon’s Souls ou de Dark Souls I et II, la formule de Gameplay entièrement fondée sur la réussite par l’échec, où l’on doit effectuer un passage plusieurs fois avant d’y arriver, provoque chez le joueur, lors d’une victoire, une jouissance et une satisfaction rarement atteintes dans une autre catégorie de loisirs.

Deux ans après Dark Souls II, et un an après son remastering sur PlayStation 4, Namco Bandai et son studio From Software nous proposent donc le troisième épisode, Dark Souls III.
Celui-ci clôture en apothéose une série de jeux déjà irréprochable, à part quelques carences techniques dues aux faibles moyens mis à la disposition du studio japonais, notamment pour la réalisation des deux premiers épisodes.

L’histoire de Dark Souls III se révèle opaque, hermétique, et en saisir toutes les subtilités n’est pas chose aisée.
En résumé, le feu a disparu du royaume de Lothric. Le héros, le Morteflamme – c’est-à-dire vous – devra remettre sur leur trône les rois des cendres en les affrontant, afin de raviver la flamme symbolique et permettre à cette contrée légendaire de revenir à la vie.
Nous pourrions vous en dire plus, mais nous ne souhaitons pas gâcher votre plaisir. Votre avatar dans le jeu va donc traverser des contrées perdues, en ruine pour la plupart, et peuplées de morts-vivants et de monstres en tout genre qu’il lui faudra combattre. Vous
devrez ainsi recueillir des points d’expérience et augmenter les capacités d’attaque, de défense et de résistance du personnage dont vous aurez le contrôle. En somme, un vrai jeu de rôle pur et dur, mais à la japonaise.

Passons maintenant à la technique, Dark Souls III est beau, non seulement sur le plan graphique, mais surtout sur celui de la direction artistique. Le royaume de Lothric offre des paysages saisissants, en cohérence avec l’univers proposé (ce qui est rarement le cas avecles productions japonaises, ndlr). Les textures sont propres, et les ennemis bien animés. Les gigantesques panoramas, nouveautés de cet épisode, s’avèrent sublimes et parfois vous pourrez vous laisser aller à la contemplation.
Mais le véritable talent de Miyazaki et de son équipe se trouve dans l’architecture des niveaux du jeu, conçus de façon « organique ». Par exemple, chaque secteur d’un niveau communique avec un autre. Il vous faudra pour cela découvrir ou débloquer les raccourcis
qui vous feront accéder plus rapidement à votre objectif final, sans avoir besoin de refaire tout le parcours.

Inutile de vous décrire le soulagement du joueur lorsqu’il découvre enfin le raccourci ou le point salvateur, après de longues minutes passées à combattre des ennemis toujours forts.
Petite précision bien connue des fans des « Souls » : les points d’expérience nécessaires pour triompher d’adversaires de plus en plus puissants s’acquièrent grâce aux «  âmes » recueillies une fois votre ennemi terrassé.

Vous stockez ces âmes au fur et mesure de vos victoires, mais si vous vous faites tuer, vous devrez les laisser sur le lieu de votre mort.

Vous n’aurez alors qu’une seule chance de les récupérer, mais si vous mourez encore avant d’avoir récupéré vos âmes, elles seront définitivement perdues et  vous ne pourrez pas monter en niveau, ou bien il vous faudra terrasser de nouveau tous vos adversaires. Autant vous dire que cette formule de gameplay géniale, mais implacable, impose au joueur une pression constante.

Nous ne pouvions pas terminer ce papier sans vous parler des boss, toujours plus élégants,  animés et dessinés grâce à la puissance des consoles de nouvelle génération. Cet épisode permet enfin aux artistes de From Software de s’exprimer pleinement, sans être restreints sur le plan technique.
Les dix premiers boss peuvent être battus assez facilement, les autres seront plus coriaces mais toujours aussi jouissifs à détruire.

Pour ceux qui n’ont pas encore essayé le jeu, il existe malgré tout une exception dans la facilité toute relative des premiers boss, « le veilleur des abysses ». Ce dernier va vous en faire voir de toutes les couleurs. Mais quelle allure, et quelle mise en scène ! Ce combat
résume à lui seul la maestria de From Software.

Tout bon gamer ne peut pas passer à côté d’une telle production. Vous ne pourrez pas décrocher, le système de jeu vous incitant à aller toujours plus en avant. Nous terminerons cet article par une citation de Gollum, qui illustre parfaitement Dark Souls III : « Une fois qu’il s’est emparé de vous, il ne vous lâche plus. »

Note de la rédaction: 19/20
Editeur: Namco/Bandai
Disponibilité: Déjà dans les bacs
Prix estimé: 70 Euro environ

Laurent Amar