
Chose promise, chose due. C’est durant le cocktail d’ouverture du pavillon Afrique, le 1 er jour du Festival de Cannes, que j’ai eu la chance de partir à la rencontre de la belle et talentueuse Axelle René, élue Miss Martinique en 2022 et désormais comédienne émérite.
Interview :
Bonjour Axelle, pourrais-tu te présenter à mes lecteurs ?
Salut Laurent, je m’appelle Axelle René et j’ai 24 ans. Je suis devenue Miss Martinique en 2022 et j’ai eu la chance de représenter mon île au concours Miss France en 2023. Après cela, j’ai pu concourir également au concours Miss Monde, c’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai décidé de créer une association qui lutte contre le harcèlement scolaire.
Qu’es-tu venue faire de beau à Cannes ?
Je suis venue faire la promotion du film dans lequel je joue, car j’ai décroché mon tout premier rôle en tant qu’actrice dans le film de Jean-Michel Loutoby Les Fractures Invisibles.
C’est un film dont le sujet me tient particulièrement à cœur car il traite justement du harcèlement. Je souhaite vraiment qu’un maximum de gens puissent voir cette œuvre afin qu’ils comprennent ce qui se joue avec le fléau du harcèlement, qu’il soit scolaire ou sexuel.
Toi-même, tu as été victime de harcèlement ?
Effectivement, j’ai été victime de harcèlement scolaire quand j’étais jeune, à cause notamment de ma taille car j’étais plus grande que tous mes camarades de classe. J’avais également une peau plus foncée que les autres et j’étais aussi plus mince. Ce sont des choses qui, hélas, arrivent beaucoup trop souvent. En devenant Miss Martinique, et je ne m’y attendais pas du tout, j’ai ressenti comme une victoire, pour moi, mais également pour toutes celles qui me ressemblaient, sur les harceleurs.
Je suis devenue un peu malgré moi la porte-parole de toutes les victimes martiniquaises de harcèlement. La sortie de ce film est une satisfaction supplémentaire.

C’est compliqué de passer de Miss Martinique à comédienne ?
C’est plutôt difficile car ce n’est pas du tout le même exercice. En tant que Miss nous sommes très cadrées dans un rôle unique, alors qu’en tant qu’actrices, nous devons avoir une palette de jeu largement plus étendue. On ne doit pas que sourire, on doit aussi savoir pleurer. En tout cas, j’ai
adoré cette expérience.
Que t’évoque le Festival de Cannes ?
Cannes évoque pour moi les plus grandes stars de cinéma au monde, et me retrouver ici me donne de l’espoir pour le cinéma martiniquais, mais aussi pour la lutte contre le harcèlement. D’autant plus que c’est la toute première fois que je viens à Cannes.
Ton mot de la fin ?
J’ai envie de dire que lorsqu’on a un objectif, on doit se donner à 200 % pour lui permettre de se réaliser, et cela doit venir du fond du cœur.
Propos recueillis par Laurent Amar


