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vue par Laurent Amar
et son équipe

Énora Malagré réenchante La Dame de chez Maxim, au théâtre du Gymnase

La Dame de Chez Maxim

La Dame de Chez Maxim

Les comédies burlesques, on aime ou on n’aime pas.
Les spectacles théâtraux où les comédiens en font des tonnes, grossissent le trait à l’extrême afin de provoquer le rire sont un exercice toujours compliqué ; là réside tout l’art du théâtre de boulevard.
Mais si c’est le célèbre Georges Feydeau qui en est l’auteur, l’œuvre prend une tout autre dimension, et les artistes sur scène peuvent légitimement s’en donner à cœur joie.
C’est précisément le cas dans cette excellente adaptation de La Dame de chez Maxim, jusqu’au 3 février au théâtre du Gymnase Marie-Bell à Paris.

L’histoire part d’un postulat évidemment rocambolesque. Petypon, alias l’excellent Christophe Alévêque, a trop festoyé la veille chez Maxim. En se réveillant avec une terrible gueule de bois, il découvre dans son lit la Môme Crevette, incarnée par Énora Malagré, une danseuse du Moulin-Rouge. Hélas, arrive alors l’épouse de Monsieur, Madame Petypon, interprétée par Sophie Mounicot.
Cette dernière, religieuse et superstitieuse, croit aux apparitions et aux esprits.
La Môme Crevette, pour sauver la face du mari, se déguise alors en séraphin, lors d’une scène hilarante et cultissime, et lui ordonne de faire cinq fois le tour de la place de la Concorde puis d’attendre qu’un homme au pied de l’Obélisque lui délivre un message.

Ainsi démarre La Dame de Chez Maxim, la pièce la plus longue écrite par Feydeau et mise en scène cette fois-ci par Alain Sachs. Véritable bijou d’écriture, La Dame… est une œuvre complexe, car chorale. En effet, ce n’est pas moins de neuf personnages qui apparaissent sur scène, dont les trois principaux sont interprétés par Christophe Alévêque, Sophie Mounicot (drôlissime) et une épatante Énora Malagré.

Passer de chroniqueuse à TPMP à l’interprétation de la Môme Crevette dans un texte éminemment exigeant, de surcroît au théâtre du Gymnase Marie-Bell, est un défi que peu auraient relevé ; Énora l’a fait !

LA DAME DE CHEZ MAXIM - Mise en scène Alain Sachs ©Stephane-Kerrad

LA DAME DE CHEZ MAXIM – Mise en scène Alain Sachs
©Stephane-Kerrad

Les gags les plus improbables s’enchaînent à tour de bras, emmenés par une troupe de comédiens haute en couleur dont la belle Énora Malagré est imperturbablement la chef de file. À chacune de ses apparitions, la scène s’illumine, et le public en redemande.

C’est un coup de génie de la part d’Alain Sachs de lui avoir confié ce rôle de la Môme Crevette. Mais attention, Sexy Énora est bien secondée. Elle dispose, pour lui donner la réplique, d’une Sophie Mounicot irrésistible (la scène du séraphin est à pisser de rire, NDLR) et d’un Christophe Alévêque, comme toujours, magistral. Stoïque et cynique, mais surtout hilarant, Christophe fait du Alévêque et on adore ça.

Notons également les performances de François Rollin et de toute une troupe de comédiens renversants, surprenants et multicolores.

Cela fonctionne, le public rit, la mise en scène énergique d’Alain Sachs ne vous laissera pas une seconde de répit.
En somme, vous l’aurez compris, il ne faut rater pas cette adaptation très réussie de La Dame de chez Maxim, jusqu’au 3 février au théâtre du Gymnase Marie-Bell, bien évidemment à Paris.

Laurent Amar